Communiqué de Presse : Denis Terrien reconduit à la Présidence de l’IFA. Le Conseil d’administration se renforce avec l’arrivée de trois nouveaux membres.

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Paris, le 4 juin 2026 – Lors de son Assemblée générale, l’Institut Français des Administrateurs (IFA) a reconduit Denis Terrien à sa Présidence pour un dernier mandat de trois ans et accueilli trois nouvelles personnalités au sein de son Conseil : Marlène Dolveck, Sophie L’Hélias et Charles Vilgrain. L’IFA se donne les moyens d’agir et de repenser la fonction d’administrateur autour de trois axes : anticiper, structurer, peser.

Un mandat d’accélération et d’impact.

Denis Terrien reprend la Présidence de l’IFA avec un mandat d’accélération. Dans un monde où les ruptures s’accumulent : intelligence artificielle, souveraineté économique, fragmentation géopolitique, pression réglementaire, les décisions prises dans les conseils n’ont jamais été aussi exigeantes, ni aussi déterminantes.

Denis Terrien a fixé une ambition claire : faire toujours et encore de l’IFA l’acteur qui identifie ces sujets avant qu’ils s’imposent, qui assume des positions, et qui donne aux administratrices et administrateurs les outils pour décider dans la complexité.

La trajectoire des cinq dernières années donne à l’IFA les moyens de cette transformation : 3 650 membres, un chiffre d’affaires doublé à 5 M€, 300 certifiés par an et, début 2026, le lancement d’Optifa, son agent conversationnel dédié aux administrateurs.

Denis Terrien déclare :

« Avec l’ensemble de notre conseil d’administration, je veux encore augmenter le rôle clef que joue l’IFA pour améliorer la gouvernance des organisations et le rôle qu’y jouent les administrateurs. Plus exigeante dans ses pratiques, plus collective dans sa dynamique et plus prospective dans sa vision, voilà l’IFA que j’imagine, toujours grâce à l’engagement de ses membres ».

Un Conseil renforcé pour porter cette dynamique.

Les trois nouveaux administrateurs apportent au Conseil de l’IFA trois dimensions stratégiques essentielles pour les années à venir : l’ancrage international de la gouvernance, la maîtrise des grandes transformations d’organisations et l’expérience de la création et du pilotage d’entreprises dans des environnements incertains.

Les nouveaux administrateurs de l’IFA, de gauche à droite : Marlène Dolveck, Sophie l’Hélias et Charles Vilgrain.

Marlène Dolveck – Ancienne Directrice générale de SNCF Gares&Connexions et Directrice générale adjointe du Groupe SNCF, administratrice indépendante et présidente du Conseil d’administration de TSE – Toulouse School of Economics, elle incarne la capacité à gouverner la transformation à grande échelle.

Marlène Dolveck déclare :

« Les grandes transformations ne réussissent jamais sans gouvernance forte. Rejoindre l’IFA , c’est contribuer à faire progresser les pratiques afin de renforcer des conseils d’administration capables d’allier vision stratégique, impact et capacité d’action dans un monde en mutation permanente ».

Sophie L’Hélias : Présidente de LeaderXXchange, co-fondatrice de l’ICGN, membre du Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise et Fellow au Conference Board Sustainability Center à New York, lauréate du Lifetime Achievement Award in Corporate Governance, elle apporte une dimension internationale et la légitimité pour peser dans les débats européens et mondiaux sur la gouvernance.

Sophie L’Hélias déclare :

« L’IFA est l’acteur français de référence, capable de peser dans le débat international sur la gouvernance. C’est l’ambition de promouvoir cette vision de la gouvernance des organisations au niveau européen et dans le monde francophone qui m’a conduite à rejoindre son Conseil ».

Charles Vilgrain : managing Partner de Caravelle, co-fondateur d’AgroGeneration, qu’il a construit en huit ans en l’un des premiers producteurs agricoles d’Europe avant son introduction sur Euronext, il apporte la perspective de l’entrepreneur et de l’investisseur : celle de qui décide, prend des risques et rend compte.

Charles Vilgrain déclare :

« J’ai construit des entreprises en prenant des décisions dans des environnements complexes et incertains. C’est précisément ce que vivent aujourd’hui les administrateurs. L’IFA est le lieu où cette expérience se partage et se structure en pratiques utiles pour tous ».

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’IFA :

Denis Terrien, Président 
Guylaine Dyèvre, Vice-Présidente,
Charlotte Tasso de Panafieu, Trésorière
Gonzague de Blignières, Président du comité nominations-rémunérations-déontologie
Anne-Sophie de la Bigne
Karine Charbonnier
Marlène Dolveck
Hugues Épaillard
Isabelle Kocher de Leyritz

Sophie l’Hélias
Helman le Pas de Sécheval
Estelle Roux
Charles Vilgrain
Thibault Viort

POUR EN SAVOIR PLUS :

Télécharger les biographies de Denis Terrien, Marlène Dolveck, Charles Vilgrain et Sophie l’Hélias.

À PROPOS

À propos de l’Institut Français des Administrateurs (IFA) :

Créé en 2003, l’IFA – Institut Français des Administrateurs – est une association indépendante qui rassemble et représente 3 650 administratrices et administrateurs engagés au sein de toutes formes d’organisations dans l’exercice de leurs responsabilités. Présidé par Denis TERRIEN et dirigé par Laurent DEGABRIEL, l’IFA s’attache à promouvoir une gouvernance responsable, créatrice de valeur durable en veillant au bien commun. Dans un rôle de réflexion, d’accompagnement, d’information, de formation et en tant qu’acteur de référence des principes de bonne gouvernance, l’IFA représente des profils extrêmement variés : administrateurs d’entreprises cotées ou non, sociétés familiales, sociétés mutualistes, entreprises publiques, associations, fondations…

Site Internet : www.ifa-asso.com

Contact presse :
Isabelle d’Halluin Communication
idh@isabelledhalluin.com
06 03 00 88 48 / 06 45 28 67 25

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TRIBUNE | Incarner la mixité au sommet

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Par Denis Terrien

La France peut se prévaloir d’un succès indéniable : en quinze ans, la mixité des conseils d’administration est devenue une réalité structurante de notre gouvernance. Avec 46 % de femmes au sein des conseils du SBF 120 et 46,4 % dans le CAC 40 en 2026, notre pays demeure en tête en Europe. La loi Copé-Zimmermann a produit ses effets : la parité n’est plus un objectif, mais un acquis.

Pourtant, ce succès ne doit pas masquer l’essentiel. Le baromètre IFA – Ethics & Boards 2026 met en lumière un déplacement du plafond de verre : il ne se situe plus à l’entrée des conseils, mais au sommet du pouvoir. Les femmes ne représentent que 13,3 % des présidentes de conseil dans le SBF 120 et 5 % dans le CAC 40. Du côté exécutif, elles sont 10 % à occuper les fonctions de directrice générale. Si la mixité est acquise dans la composition, elle reste incomplète dans l’exercice des responsabilités ultimes. La loi Rixain, en fixant un objectif de 30 % de femmes dans les comités exécutifs et de direction d’ici 2026, a accéléré la dynamique. La part des femmes atteint désormais 30 % en moyenne dans le SBF 120 et 31 % dans le CAC 40. Le cadre réglementaire joue un rôle structurant. Mais l’enjeu dépasse la conformité : il concerne la qualité de la décision stratégique et la performance durable.

Viviers opérationnels déséquilibrés

La mixité n’est pas qu’un impératif d’égalité ; elle est un levier de gouvernance. Les conseils orientent la stratégie, nomment et évaluent les dirigeants, supervisent les risques. Ils doivent s’assurer que la diversité irrigue l’ensemble de la chaîne de décision. Une gouvernance homogène, même paritaire en apparence, demeure fragile si les trajectoires d’accès au pouvoir restent segmentées. Le baromètre 2026 met en évidence un point critique : au sein des comités exécutifs, seules 30 % des femmes pilotent une activité opérationnelle ou un centre de profit, contre près de 60 % des hommes. Or la responsabilité d’un compte de pertes et profits (P & L) constitue l’un des principaux tremplins vers la direction générale. Tant que les viviers opérationnels resteront déséquilibrés, l’accès au sommet le sera aussi.

C’est ici que le rôle des conseils devient déterminant. Dans l’exercice de leur devoir de diligence, les administrateurs doivent interroger les plans de succession, exiger des shortlists réellement mixtes, suivre la constitution des viviers et veiller à l’équité des parcours. Ils doivent aussi s’assurer que la formation et l’accompagnement des futures dirigeantes soient pleinement intégrés à la stratégie RH.

L’IFA appelle les conseils à franchir une nouvelle étape : passer d’une logique de quotas à une logique de trajectoires. Cela suppose de cartographier les compétences clés, d’objectiver les critères de nomination et de mesurer régulièrement les progrès. Nos baromètres et publications constituent des outils d’éclairage et de comparaison internationale, permettant de fonder le débat sur des données robustes. La mixité des instances dirigeantes touche au cœur de la gouvernance et de la compétitivité. Dans un environnement marqué par des transformations technologiques, climatiques et géopolitiques profondes, les entreprises ont besoin de conseils capables d’intégrer des points de vue diversifiés et d’anticiper les risques comme les opportunités.
Nous sommes à un moment charnière. La France a démontré que la volonté politique et l’engagement des conseils pouvaient faire évoluer les pratiques. Il nous appartient désormais de veiller à ce que l’accès aux plus hautes  responsabilités reflète pleinement la richesse des talents disponibles. La mixité ne doit pas s’arrêter aux portes du conseil ; elle doit s’incarner au sommet. C’est à ce prix que la gouvernance française continuera d’être un modèle, non seulement de conformité, mais d’exigence et de performance durable.

>> Les Echos Mardi 3 mars 2026

>> En savoir plus : Baromètre IFA – Ethics & Boards de la mixité des instances dirigeantes 2026

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Actualité Omnibus : le Parlement européen adopte la Directive « Content »

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Après plusieurs semaines de négociations entre les différents groupes politiques, le Parlement européen a adopté, le 13 novembre dernier, la directive Omnibus « Content », qui vise à simplifier les obligations en matière de durabilité et de vigilance :

  • Les rapports sur la durabilité sont allégés et ne seront désormais obligatoires que pour les plus grandes entreprises
  • Les obligations liées au devoir de vigilance ne s’appliqueront qu’aux très grandes entreprises de l’UE et hors UE
  • Absence de plan de transition et une responsabilité des entreprises au niveau national

Cette adoption complète le premier paquet de simplification dit « Quick fix » adopté en avril 2025.

Ce vote intervient alors que seule la position du Parlement européen sur le texte de la Commission, manquait pour débuter le processus de négociation interinstitutionnelle (trilogues).

1. Les ajustements apportés à la CSRD : un rapport sur la durabilité simplifié et réservé aux grandes entreprises

Champs d’application de la Directive :

Le Parlement adopte un recentrage du champ d’application de la directive CSRD. Désormais, seules les entreprises (ou groupes) dépassant 1750 salariés et 450 millions d’€ de CA seront concernées. Ainsi, le seuil adopté par le Parlement européen va plus loin que ceux de la Commission européenne et du Conseil de l’UE.

Les sociétés holdings financières et les filiales cotées ne seront plus tenues de publier individuellement un rapport de durabilité. Par ailleurs, pour l’intégration des nouvelles filiales dans le périmètre de consolidation, le texte prévoit une période transitoire de 24 mois avant que celle-ci ne soit tenue d’intégrer les informations relatives à sa nouvelle filiale.

Simplification des obligations et du reporting dans la chaîne valeur :

Au-delà du champ d’application, le Parlement entérine un allègement des obligations liées au reporting de durabilité. Les petites entreprises sont exemptées des exigences de reporting de leurs grands partenaires commerciaux, qui ne seront pas autorisés à demander plus d’informations que celles prévues dans les standards volontaires (cap in the value chain). A cet effet, si les informations nécessaires concernant sa chaîne de valeur ne sont pas toutes disponibles, les entreprises pourront expliquer les efforts déployés pour obtenir les informations nécessaires concernant leur chaîne de valeur, les raisons pour lesquelles les informations nécessaires n’ont pas toutes pu être obtenues et ce qu’elle entend faire pour obtenir les informations nécessaires à l’avenir.

Les entreprises désormais exclues des obligations de la CSRD pourront quant à elles recourir à des standards volontaires simplifiés (norme « VSME »).

Enfin, le Parlement renforce la protection des informations sensibles et relatives au secret des affaires. Les entreprises ne seront plus tenues de divulguer des éléments relevant du secret des affaires, tels que le savoir-faire, la propriété intellectuelle ou les informations technologiques stratégiques.

Pour aller plus loin : Fiche IFA – Retours d’expérience des administrateurs et secrétaires de conseil dans le cadre de la mise en œuvre du rapport de durabilité (CSRD)

2. Les ajustements apportés à la directive CS3D 

Champs d’application de la Directive :

S’agissant de la directive sur le devoir de vigilance, le Parlement recentre drastiquement le périmètre de la directive et s’aligne ainsi sur les seuils adoptés par le Conseil de l’UE. Ne restent ainsi concernées que les entreprises dont les seuils dépassent 5000 salariés et 1,5 milliard d’€ de CA net mondial pour les entreprises européennes et étrangères.

Le Parlement clarifie par ailleurs les attentes en matière de collecte d’informations dans la chaîne de valeur, en adoptant « une approche fondée sur le risque pour surveiller et identifier leurs incidences négatives »[1], les plus graves et les plus probables.

Les entreprises ne doivent solliciter leurs partenaires commerciaux que lorsque cela est strictement nécessaire. Ainsi, « au lieu de demander systématiquement des informations à leurs petits partenaires commerciaux, elles devront s’appuyer sur les informations déjà disponibles et ne demander les informations supplémentaires à leurs petits partenaires commerciaux qu’en dernier recours »[2]. Toute demande doit être ciblée, raisonnable et proportionnée.

Plans de transition climatique :

S’agissant des obligations climatiques, la position du Conseil limite l’obligation des entreprises à l’adoption d’un plan de transition pour l’atténuation du changement climatique, qui n’est plus assorti d’une obligation de mise en œuvre comme cela est prévu dans la proposition de la Commission. Le Parlement a choisi de supprimer l’obligation d’adopter un plan de transition climatique.

Sanctions et régime de responsabilité civile :

La proposition de la Commission et la position du Conseil prévoient que le régime de responsabilité civile harmonisé soit abandonné. Le Parlement s’est aligné sur ces positions en supprimant le régime de responsabilité civile européen.

En matière de sanctions, le Parlement conserve la possibilité d’amendes administratives, mais sans référence à un plafond (pour mémoire, de 5% du CA net mondial).

Guichet unique des entreprises :

Le texte du Parlement prévoit enfin que la Commission créée un « portail d’information numérique spécifique » afin de fournir un « accès gratuit à l’ensemble des modèles, des lignes directrices et des informations se rapportant à toutes les exigences d’information imposées aux entreprises par le droit de l’Union », afin d’accompagner les entreprises dans la mise en œuvre de leurs obligations relatives au devoir de vigilance.

3. Prochaine étape : négociations en trilogues

Les positions du Parlement européen et du Conseil de l’UE étant adoptées, les discussions en trilogues ont officiellement débuté le 18 novembre 2025. L’objectif d’un texte de compromis avant la fin de l’année 2025 est maintenu.

A (re)lire : Vers une simplification du reporting et du devoir de vigilance en matière de durabilité en Europe : ce qu’il faut retenir de la position du Conseil de l’UE sur le projet de directive « Omnibus Content »


[1] Simplification des rapports sur la durabilité et du devoir de vigilance | Actualité | Parlement européen

[2] Idem

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Tribune IFA : « La gouvernance : un levier stratégique pour les associations et fondations »

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Par Mireille Faugère et Nicolas Truelle, co-présidents du club associations et fondations de l’IFA

Le monde associatif et fondatif est un pilier essentiel de notre société. Il représente près de 3,5 % du PIB national, plus d’un million et demi de structures, vingt-deux millions de bénévoles et un million de salariés. Ce vaste écosystème, qui mêle associations, fondations modestes portées par des bénévoles et grandes institutions employeuses gérant des activités financières significatives, exerce un impact économique, social et humain considérable.

Et pourtant, ce secteur, si vital, repose sur des équilibres souvent fragiles. Dans bien des associations et fondations, celles et ceux qui les dirigent, portés par leur engagement, laissent parfois “le cœur l’emporter sur la raison” : la passion et l’urgence de la mission prennent le pas sur les bons réflexes de gestion. La loi de 1901, qui fonde la liberté associative, laisse une grande souplesse d’organisation, ce qui est une richesse, mais aussi une responsabilité. Face à la raréfaction des financements et aux exigences accrues de transparence, la gouvernance s’impose comme le pilier de la crédibilité, de la pérennité et de l’efficacité de l’action associative.

Pour remplir pleinement son rôle, la gouvernance des associations et fondations se distingue de celle des entreprises. Elle s’enracine dans une culture du collectif, du dialogue et de la co-construction, où la confiance et le temps long sont essentiels. C’est ce qui en fait à la fois la richesse et la complexité. Cette culture, alliée à la souplesse du cadre juridique, expose les entités à un risque spécifique : des administrateurs bénévoles, portés par leur conviction, et qui demeurent en droit comme en fait les dirigeants de leur organisation. S’ils ne peuvent procéder à une délégation trop étendue de leurs pouvoirs aux salariés, sans risquer de fragiliser le principe de gestion désintéressée, la délégation constitue un levier précieux pour la vitalité de la structure. Son efficacité repose sur l’exercice d’un contrôle rigoureux et sur un dialogue régulier, nourri d’intelligence réciproque, entre le conseil et la direction. C’est dans cet équilibre entre confiance et fonction de vigie que se bâtit une gouvernance solide, capable d’assurer la continuité du projet associatif et de mieux servir la mission collective.

Ce cadre exigeant renforce la nécessité d’une gouvernance compétente et formée, capable d’assumer pleinement ses responsabilités tout en préservant la vitalité opérationnelle du tissu associatif et fondatif.

Le conseil d’administration a, à ce titre, une responsabilité décisive : veiller à l’alignement entre le projet associatif (le « pourquoi »), le plan stratégique (le « comment ») et les moyens opérationnels. Il doit aussi assumer une fonction de vigie, anticiper les risques et éviter deux écueils opposés : la passivité d’une simple chambre d’enregistrement ou l’ingérence dans la gestion quotidienne.

La qualité de la gouvernance repose sur des administrateurs compétents, divers et formés. Leur recrutement ne peut plus reposer sur le seul réseau du président, mais sur un processus structuré garantissant la complémentarité des profils, la disponibilité effective de ces membres bénévoles et l’adéquation aux enjeux de la structure. Dans les conseils d’administration composés de bénévoles, un risque réside dans la difficulté à mobiliser l’ensemble des administrateurs au même niveau d’engagement. Un déséquilibre d’implication entre ses membres peut parfois conduire à la concentration du travail sur le seul bureau ou le développement d’une relation trop exclusive entre le président et le directeur général. Une gouvernance équilibrée suppose donc de veiller à la participation active de chacun, d’éviter la centralisation des échanges et de faire vivre la collégialité au sein du conseil. L’efficacité du conseil repose par ailleurs sur une composition équilibrée, des statuts clairs, un règlement intérieur vivant et une relation de confiance entre le conseil et l’équipe dirigeante. La gouvernance n’est pas une contrainte, mais un levier structurant au service du sens et de l’efficacité. Se former à la gouvernance, ce n’est pas s’éloigner du terrain : c’est mieux servir le projet collectif.

Plus qu’une exigence, la gouvernance est aujourd’hui le signe d’une professionnalisation indispensable. Elle n’est pas une fin en soi, mais le moyen de servir la mission au quotidien et dans la durée. Grâce à l’engagement d’acteurs de la société civile et de réseaux d’administrateurs formés, se diffusent les pratiques d’une gouvernance éclairée, au service du bien commun. Dans un monde incertain, elle transforme la passion en puissance collective et aide chaque acteur, quelle que soit sa taille, à rester fidèle à son projet avec discernement et engagement. La bonne gouvernance n’est plus une option : elle conditionne la pérennité même de nombre d’associations et de fondations.

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Communiqué de presse IFA : 5ème Baromètre IFA – Ethics & Boards – Chapter Zero France sur la part de la rémunération climat des dirigeants du SBF 120

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Paris, le 30 octobre 2025 – L’Institut français des administrateurs (IFA), Ethics & Boards et Chapter Zero France publient la cinquième édition de leur baromètre sur l’intégration des objectifs climat dans la politique de rémunération des dirigeants des sociétés du SBF 120.
Depuis 2021, ce baromètre analyse l’évolution des critères de performance climatique et environnementale dans la rémunération variable, à court terme (CT) et à long terme (LT), des dirigeants, ainsi que la réalisation effective de ces objectifs.
À quelques jours de la COP 30 (du 10 au 21 novembre) qui marquera le dixième anniversaire des Accords de Paris sur le climat, les attentes de la société civile en matière de transition climatique restent élevées. Les critères de rémunération des dirigeants sur des objectifs climat représentent un marqueur clé de la gouvernance des conseils d’administration en matière climatique.

L’INTÉGRATION DES CRITÈRES CLIMAT/ENVIRONNEMENT DANS LA RÉMUNERATION EST DÉSORMAIS UNE PRATIQUE QUASI-GÉNÉRALISÉE.

En 2025, 92 % des sociétés du SBF 120 ont intégré au moins un critère climat/environnement dans la rémunération variable (CT et/ou LT) de leur dirigeant.
78 % l’ont fait dans la composante annuelle (CT) et 71 % dans la composante long terme (LT).
Plus de 60 % des entreprises ont intégré des objectifs quantitatifs, confirmant la professionnalisation et la robustesse de ces pratiques.

LA RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE (GES) RESTE L’INDICATEUR PHARE, TANDIS QUE D’AUTRES CRITERES PROGRESSENT.

La rémunération variable des dirigeants se compose généralement d’une part à court terme (CT), liée aux performances annuelles, et d’une part à long terme (LT), qui évalue les résultats stratégiques et durables sur plusieurs années.
En 2025, la réduction des émissions de gaz à effet de serre demeure l’indicateur central, présent dans 66 politiques de rémunération long terme (LT) et 60 politiques de rémunération de court terme (CT) analysés.
Si cet indicateur reste dominant, d’autres critères connaissent une progression significative. L’efficacité énergétique et la part d’énergies renouvelables continuent de gagner du terrain dans les plans CT. Les critères liés à la biodiversité et à la préservation des ressources naturelles s’accélèrent également : ils figurent dans 16 critères quantitatifs LT et 13 CT en 2025, contre 14 LT / 9 CT en 2024 et seulement 5 LT / 8 CT en 2022.
À l’inverse, la part du « green business » dans les politiques de rémunération recule légèrement : elle passe de 12 à 9 dans les critères quantitatifs CT, et de 9 à 6 dans les critères quantitatifs LT.
Globalement, le poids des critères climat/environnement se stabilise autour de 12,3 % dans les plans LT et 6,7 % dans les plans CT, représentant respectivement 57 % et 33 % de l’ensemble des critères ESG.

UNE COMMUNICATION ET UN SUIVI EX-POST EN NETTE PROGRESSION.

44 sociétés ayant des objectifs Climat/Environnement ont communiqué sur les résultats de leurs plans LT arrivés à échéance en 2024 (contre 24 en 2023). Parmi-elles :

  • 24 sociétés ont publié leur niveau de réalisation spécifique sur les émissions de GES (contre 7 l’année précédente). Le taux moyen de réalisation de l’objectif GES en LT s’établit à 97 %, un niveau stable par rapport à 2023 (98 %), tandis que le taux global de tous les critères baisse à 80 % (contre 106 % en 2023).
  • Pour la composante annuelle, 39 sociétés ont communiqué leur niveau de réalisation d’un objectif GES, avec un taux moyen de 107 %, témoignant ainsi de plus d’alignement entre objectif et réalisation, par rapport à 135 % en 2023. La surperformance observée l’année dernière s’atténue, reflétant une maturité croissante.

Pour Denis TERRIEN, Président de l’IFA : « Cette cinquième édition du baromètre IFA- Ethics & Boards – Chapter Zero France confirme l’importance des enjeux climatiques et environnementaux dans la gouvernance et l’évaluation des dirigeants. Les conseils d’administration font de ces objectifs un levier stratégique aux côtés de la performance économique et sociale ».

Pour Floriane de Saint Pierre, fondatrice d’Ethics & Boards : « L’intégration d’objectifs Climat/Environnement dans la rémunération variable annuelle et/ou de long terme des CEO est devenue une pratique quasi générale des entreprises du SBF 120. Près de 65% d’entre elles fixent des objectifs quantitatifs. Ceci témoigne de l’engagement des dirigeants sur ce sujet. Néanmoins, le poids des objectifs Climat/Environnement dans la politique de rémunération variable annuelle, demeure encore inférieur à 10% et progresse lentement (6,7% en 2025 vs 5,6% en 2022). »

Pour Monica de Virgiliis, présidente de Chapter Zero France, co-présidente du club nominations-rémunérations de l’IFA : « Vingt-quatre sociétés ont évalué désormais la performance de leur CEO sur le plan de rémunération variable à long terme 2021-2024 sur la réduction des émissions de GES et publient leurs résultats, contre sept seulement sur le LTI 2020-2023. Le maintien d’un taux de réalisation moyen stable à 97% démontre que ces objectifs restent exigeants malgré l’élargissement du périmètre ».

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Revue de presse IFA : Indispensables comités du conseil d’administration

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Article dans les « Décideurs Magazine » – Mercredi 08 octobre 2025

Les boards des sociétés sont souvent conseillés par des comités qui émettent des recommandations sur des sujets incontournables pour les entreprises. Stratégie, RSE, nominations et rémunérations des dirigeants y sont passées au crible.

Lorsqu’une entreprise fait face à un scandale ou à une sortie de route, très souvent, une faille dans la gouvernance finit par être détectée. Code Afep- Medef , régulateurs et parties prenantes travaillent depuis plusieurs années à définir et à faire respecter les principes essentiels à la bonne marche des sociétés. Parmi les points de vigilance, le fonctionnement des conseils d’administration.
Pour que les administrateurs puissent prendre des décisions éclairées et accompagner utilement les dirigeants, une solution consiste en l’instauration de comités spécialisés sur les grandes questions qui se posent à eux. Qu’ils soient d’audit, de rémunérations, des nominations ou encore RSE, ces organes de réflexion jouent un rôle crucial dans la vie des entreprises.

Le Cac 40 bien équipe.

Denis Terrien , président de l’Institut français des administrateurs (IFA), explique que « dans un monde devenu de plus en plus complexe, les conseils d’administration se dotent d’un certain nombre de comités pour préparer les décisions. Ils n’en prennent aucune mais émettent des recommandations. » Le nombre et la structure des comités dépendent de chaque entreprise. Le groupe Accor, par exemple, en compte cinq permanents (comité des engagements, d’audit, de la compliance et des risques; des nominations et des rémunérations, ESG; de la stratégie internationale). Renault en dénombre trois, lesquels s’intéressent à l’audit et aux risques, à la gouvernance et aux rémunérations, et à la stratégie et au développement durable. Au sein du CAC 40 et du SBF 120, les entreprises disposent en général d’au moins un comité des rémunérations et des nominations et d’un comité d’audit et des risques.


« Dans un monde devenu de plus en plus complexe, les conseils d’administration se dotent d’un certain nombre de comités pour préparer les décisions ».

Une place pour la RSE.

La nouvelle version du code de gouvernance Afep-Medef publiée en 2022 a introduit une recommandation préconisant que les sujets relatifs à la responsabilité sociale et environnementale fassent l’objet d’un travail de préparation réalisé par un comité spécialisé, compte tenu de l’importance stratégique de ces thèmes. Un certain nombre d’entreprises doublent ce volet avec celui de la stratégie.


Selon le Baromètre des conseils d’administration publié en septembre par l’IFA et l’Ethics & Boards, 88 % des conseils du SBF120 disposent désormais d’un comité RSE/ESG, contre seulement 26 % en 2015. D’autres comités peuvent également être mis en place ponctuellement en fonction des besoins, comme cela fut le cas lors de la crise du Covid.

Des administrateurs responsables.

Pourquoi les entreprises de taille importante tendent de plus en plus à se doter de comités ? « Les administrateurs doivent se montrer compétents et vigilants pour prendre les bonnes décisions , souligne Denis Terrien. Il y a de nouvelles lois sur les responsabilités incombant aux membres des conseils d’administration. Les responsabilités centrales du conseil incluent les nominations et les rémunérations, la validation de la stratégie et du budget, le contrôle des risques et la communication financière. Cela implique un travail très important pour les membres des conseils, d’où la nécessité de préparer les dossiers lors de leurs réunions. »


Difficile, par exemple, pour tous les membres du conseil d’administration de faire passer des entretiens aux cinq à dix candidats à la succession d’un PDG. Le comité des nominations entre alors en scène pour s’en charger et émettre une à deux recommandations. Le comité des rémunérations, de son côté, veille à ce que celles-ci soient en cohérence avec le marché, les intérêts des actionnaires et la performance de la société. Il s’agit de trouver le bon équilibre afin de motiver les meilleurs tout en restant juste pour les autres parties prenantes. Les avis portent également sur le salaire fixe, la part variable, le plan d’attribution d’actions gratuites ou encore le plan de retraite. Sont-ils écoutés ? « Nous n’avons pas de chiffres sur le sujet , reconnaît Denis Terrien. Toutefois, on peut estimer qu’ils sont suivis dans 90 % des cas. »


« Quand il y a plus de quatre comités, on constate qu’il y a moins de discussions au sein des conseils d’administration »

Entre trois et quatre comités.

L’important pour les sociétés consiste à trouver la bonne proportion concernant le nombre de comités afin de servir au mieux la gouvernance de l’entreprise. « Quand il y en a plus de quatre, on constate qu’il y a moins de discussions au sein des conseils d’administration, qui deviennent alors surtout des chambres d’enregistrement des recommandations , prévient Denis Terrien. Mais sans eux, le conseil doit discuter de tous les sujets, ce qui paraît difficile. Le bon équilibre se trouve souvent entre trois et quatre comités. »

Qui les compose ? Il peut s’agir de membres du conseil d’administration mais aussi d’experts venus de l’extérieur. Dans tous les cas, une majorité d’administrateurs indépendants est attendue.

Lorsque l’entreprise est contrôlée par une famille, au moins deux personnes indépendantes devraient en faire partie pour un juste équilibre. En France, les boards des grandes sociétés sont composés pour près de la moitié de femmes et celles-ci sont plus nombreuses que les hommes à être présidentes de comité. Les profils peuvent être variés. Les membres ont toujours intérêt à se former ou rencontrer des homologues afin de partager les bonnes pratiques, comme le propose l’IFA à travers ses clubs de présidents de comités d’audit, et de comités des rémunérations et nominations. Une bonne gouvernance repose sur de nombreux échanges, en interne comme en externe.

Olivia Vignaud

par Lucas Jakubowicz

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Tribune IFA : Le défi de la transmission : « La France perd 20.000 entreprises familiales chaque année » par Denis Terrien et Karine Charbonnier

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LesEchos. Les entreprises familiales sont le trésor discret de l’économie française : elles représentent 71 % des PME et 61 % des grands groupes en France. Pourtant, leur transmission reste un défi majeur, avec seulement 20 % franchissant le cap de la deuxième génération, s’inquiètent les entrepreneurs Denis Terrien, Président de l’IFA et Karine Charbonnier, coprésidente IFA Hauts-de-France et coprésidente du Club ETI de l’IFA.


Les entreprises familiales sont la clé de voûte de l’économie française. Des plus petites PME aux ETI jusqu’aux grands groupes cotés, dont un tiers du CAC 40, elles irriguent nos régions et constituent la norme plus que l’exception : 71 % des PME sont familiales, tout comme 73 % des ETI et encore 61 % des grands groupes.

Leur poids est considérable : elles contribuent à 69 % de l’emploi, 65 % de la valeur ajoutée et 67 % du chiffre d’affaires, d’après un récent rapport. Pourtant, ce « trésor national » reste étonnamment discret et peu visible dans le débat public. Pourtant, dans un climat général de défiance envers les institutions, les Français placent les TPE-PME tout en haut de l’échelle de confiance.

Un équilibre fragile

Cette force repose, toutefois, sur un équilibre fragile porteur d’un paradoxe. D’un côté, il incarne une vision de long terme et une capacité de résilience face aux crises, soutenues par un « capital patient» échappant aux pressions de court terme des marchés financiers. L’« affectio societatis », volonté partagée de porter un projet
commun, renforce cette stabilité. Elle se prolonge naturellement à l’extérieur par une responsabilité sociale et environnementale profondément ancrée dans leur ADN.

Mais d’un autre côté, les émotions, les conflits internes, la résistance au changement ou le conservatisme peuvent paralyser l’entreprise. La force de l’« affectio familiae » peut devenir une faiblesse lorsque les enjeux financiers, de pouvoir et de sentiments se confondent.

Face à cela, la réponse ne consiste pas à exclure la famille de l’équation, mais au contraire à structurer son implication par une gouvernance adaptée. La clé réside dans la capacité à « combiner le meilleur des deux mondes » : celui de l’héritage familial, porteur de valeurs et de stabilité, et celui de l’entreprise moderne, ouverte sur les marchés, l’innovation et la compétitivité.


Cela suppose d’encadrer l’émotionnel, afin que l’intérêt supérieur de l’entreprise prime toujours sur les intérêts particuliers de certains membres de la famille, et d’organiser la gouvernance sur trois sphères distinctes : la sphère familiale (cohésion et valeurs), la sphère patrimoniale (actionnaires et héritiers), et la sphère opérationnelle (vision et exécution de l’entreprise). Concrètement, des outils existent comme la mise en place d’une charte familiale pour fixer les règles du jeu et le recours à des administrateurs indépendants pour apporter un regard neuf et objectif.

Seule une entreprise familiale sur cinq franchit le cap de la deuxième génération, contre cinq sur dix en Allemagne et huit sur dix en Italie.

Mais le moment de vérité pour toute entreprise familiale reste celui de la transmission. C’est un processus de long terme, souvent sept à dix ans, qui conditionne la survie de l’entreprise. Or, la France accuse un retard préoccupant : seule une entreprise familiale sur cinq franchit le cap de la deuxième génération, contre cinq sur dix en Allemagne et huit sur dix en Italie.

Associer gouvernance ouverte et transmission anticipée.

Chaque année, près de 20.000 entreprises disparaissent faute d’anticipation (BPI France, 2023). La question est d’autant plus cruciale que la nouvelle génération ne reprend plus l’affaire uniquement par devoir : elle recherche du sens et exige des engagements clairs en matière sociale et environnementale. Ce qui pouvait apparaître comme une contrainte devient alors une opportunité : celles qui réussissent savent se réinventer en intégrant ces aspirations nouvelles.

Certaines entreprises familiales témoignent d’une pérennité rare : transmises de génération en génération, parfois depuis plus de deux siècles, elles incarnent l’histoire d’un projet collectif dont chaque héritier devient le dépositaire. Leur pérennité démontre que la transmission ne se limite pas au capital, mais repose sur des valeurs, un savoir-faire et une culture qui nourrissent l’innovation. Elles démontrent ainsi que tradition et modernité peuvent coexister et qu’une réussite durable s’ancre autant dans l’esprit de famille que dans la capacité d’adaptation.

Et si l’entreprise familiale était le modèle le mieux armé pour affronter l’avenir ? Parce qu’elle conjugue vision de long terme, ancrage régional, clarté des valeurs et attention au capital humain, elle préfigure l’entreprise à mission. Lorsqu’elle associe gouvernance ouverte et transmission anticipée, elle cesse d’être un héritage du passé pour s’imposer comme l’un des modèles les plus l’un des modèles les plus résilients et les plus actuels de notre économie.

Denis Terrien est président de l’Institut français des administrateurs (IFA), et Karine Charbonnier est présidente du Club ETI et membre du Conseil d’administration de l’IFA.

par Denis Terrien, Président de l’IFA

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Tribune IFA : « Jeux décisifs : administrateurs, le temps de l’engagement lucide » par Denis Terrien, Président de l’IFA

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OPINION. Roland Garros accueille la « Rencontre des Entreprises de France ». Les entreprises sont engagées dans un match où chaque coup compte. Dans un monde en pleine mutation (géopolitique, transition climatique inexorable mais contestée, révolution de l’IA) l’environnement est si instable que l’adaptation ne relève plus de la simple résilience : elle est devenue le socle même de la pérennité des entreprises. Par Denis Terrien, Président de l’Institut Français des Administrateurs (IFA)

Face à ces défis transversaux, l’administrateur n’est plus seulement un gardien des équilibres passés. Il est un éclaireur. Il interroge, se projette, alerte parfois. Il aide à décider dans l’incertitude, non pas malgré elle, mais avec elle.

Gouverner dans un monde qui ne tient plus en place

Nous pensions avoir appris à naviguer dans un monde VUCA (volatil, incertain, complexe, ambigu), mais avec l’intelligence artificielle, place désormais au VUCAI. L’IA accélère les cycles, brouille les repères, génère des scénarios aussi prometteurs que fragiles. Elle promet de clarifier l’avenir, mais en épaissit souvent le brouillard immédiat. Plus de données, plus d’outils, plus d’ambiguïtés. Dans ce maelstrom, la question n’est plus que faire, mais comment penser ?

Les conseils ne peuvent plus être dans un jeu défensif. Face à une technologie qui reconfigure les rapports de pouvoir et les critères d’autorité, ils doivent devenir des lieux de discernement stratégique. Gouverner, ce n’est pas suivre les tendances, mais les interroger. Ce n’est pas simplement veiller, c’est éclairer.

Dans ce contexte, la passivité est une faute. Il faut cultiver un esprit critique à haute dose, cultiver l’exigence intellectuelle, oser le débat. Car dans un monde VUCAI, la seule certitude, c’est que l’humain, formé, lucide, courageux, restera toujours la clé.

Réagir ne suffit plus. Il faut apprendre à lire le jeu.

Cela implique de réarmer la gouvernance sur trois plans essentiels.

D’abord par la prospective.

Anticiper, explorer des futurs contrastés, scénariser les incertitudes : cette capacité est désormais vitale. Il ne s’agit pas de prédire l’avenir, mais de s’y préparer. Chercher la certitude est vain, viser la lucidité est stratégique.

Ensuite, par l’agilité.

Les conseils doivent pouvoir adapter leur composition, leurs compétences, leur cadence. Dans un monde où les règles du jeu changent en cours de partie, la gouvernance doit savoir pivoter sans renier ses principes.

Enfin, par l’engagement.

La transition vers une gouvernance élargie, inclusive, tournée vers la création de valeur durable, exige une implication active des administrateurs. Cela suppose de se former, de questionner ses biais, de dialoguer au-delà de ses cercles familiers. Cela demande du courage, celui de poser les questions qui dérangent, d’alerter sans céder à l’alarmisme, d’oser la complexité quand tout incite à la simplification.

Gouverner, c’est choisir quand tout vacille

Le monde ne redeviendra pas prévisible. Les crises ne vont pas se résorber. Attendre un retour à la normale relève du mirage.

C’est maintenant que les conseils doivent décider : veulent-ils être sur le cour ou commenter la partie depuis les gradins ?

Les enjeux ne sont plus sectoriels, mais systémiques. Dans ce contexte, chaque conseil devient un organe de délibération collective aux effets démultipliés sur l’entreprise, mais aussi sur l’économie, la société, l’environnement.

L’IFA soutient les administratrices et administrateurs qui font le choix de rester dans le jeu, de défendre des décisions courageuses, d’assurer une performance durable. Notre rôle : former, outiller, accompagner celles et ceux qui assument leur part de responsabilité face aux bouleversements.

Gouverner, désormais, c’est redonner du sens, tracer un cap et se préparer à un futur incertain. Un futur où l’entreprise a un rôle à jouer, pour autant qu’elle emmène avec elle tout son écosystème. Les administrateurs doivent jouer chaque point, rester sur la balle et monter au filet. Car à l’heure des jeux décisifs, gouverner, c’est jouer en attaque.

par Denis Terrien, Président de l’IFA

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Tribune IFA : CSRD : simplifier n’est pas renoncer

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Publiée le 16 juin 2025 dans Les Echos

La directive CSRD ne fait pas consensus. C’est une évidence. Mais si l’on s’y arrête, on rate l’essentiel. L’enjeu aujourd’hui n’est pas de savoir si le dispositif plaît. Il est de savoir ce qu’on en fait. Et comment le rendre utile.

Les premiers rapports publiés en France le montrent : l’intention était louable, mais l’exécution s’est noyée dans le formalisme. Trop d’indicateurs, trop de complexité, trop d’exigences sur toute la chaîne de valeur. La CSRD agit comme un catalyseur, obligeant les entreprises à confronter leurs impacts, positifs et négatifs, risques et opportunités. Mais sa mise en œuvre interroge : guide-t-elle vraiment la transformation, ou l’encombre-t-elle ?

« Ce qui ne se mesure pas n’existe pas. » Cette formule souvent attribuée à Niels Bohr résume l’intention initiale du reporting. Mais en cherchant à tout mesurer, on a peut-être oublié l’essentiel. L’impression dominante est que le problème a été pris à l’envers. Au lieu de cibler les enjeux à plus forts impacts et les acteurs les mieux placés pour agir, on a voulu tout quantifier. Résultat : un reporting massif, appliqué à un périmètre immense.

L’enquête menée par l’IFA au printemps 2025 auprès d’administrateurs concernés par la CSRD (150 répondants au sondage mené en mai auprès d’adhérents de l’IFA) est sans appel : le rapport coût/bénéfice n’est pas démontré et l’effort mobilisé détourne des ressources précieuses au détriment des plans d’action. Le reporting devient un exercice formel, au détriment de son utilité stratégique.

Dans ce contexte, la simplification devient un enjeu central. Près des trois quarts des administrateurs ayant partagé leur retour d’expérience appellent à des mesures concrètes. Ces demandes font écho aux propositions du paquet Omnibus, actuellement en discussion à Bruxelles : recentrage du périmètre, allègement des audits, suppression des normes sectorielles, recentrage sur les chaînes de valeur de premier rang. Des pistes qui vont dans le bon sens.

Pour autant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il ne s’agit pas de renoncer, mais de recentrer. La CSRD a introduit des avancées fondamentales qu’il faut préserver. D’abord, la double matérialité, qui permet de penser à la fois l’impact du monde sur l’entreprise et celui de l’entreprise sur le monde. Ensuite, les indicateurs spécifiques à l’entreprise doivent rester possibles. Enfin, l’encadrement par la puissance publique du cadre de reporting est à saluer : mieux vaut une norme légitime que la jungle des agences privées, souvent opaques et auto-proclamées.

Ce que demandent les administrateurs, ce n’est pas moins de durabilité. C’est moins d’usine à gaz pour passer de la conformité à la stratégie. Et ils le prouvent : près des deux tiers des administrateurs adhérents de l’IFA interrogés indiquent que leurs entreprises non encore soumises à la CSRD déclarent vouloir publier volontairement un rapport de durabilité avant leur échéance. Et pour cause : les administrateurs entrevoient déjà des bénéfices potentiels comme une meilleure compréhension des impacts, une priorisation plus fine des risques et opportunités, des pistes de réflexion stratégique, une implication progressive de la direction générale.

Il est temps de consacrer non plus un « temps réglementaire », mais un temps intelligent, celui de la réflexion stratégique sur la soutenabilité. Le reporting ne doit plus être une fin en soi, mais un levier.

Le rôle de l’administrateur est clé : il doit trier l’utile du superflu, articuler régulation et pertinence, et transformer les données en décisions. L’IFA soutient pleinement les travaux de simplification en cours à Bruxelles. Le mouvement engagé avec Omnibus va dans le bon sens. Il doit aboutir vite. Gouverner la durabilité, c’est libérer l’action stratégique. Et c’est maintenant que ça se joue.

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Tribune IFA : Briser le plafond de verre : quels leviers pour plus de femmes aux postes clés ?

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Publiée le 08 mars 2025 dans Les Echos

Par Guylaine Dyèvre Huillard, Vice-présidente de l’IFA

La France est pionnière en matière de mixité dans les conseils d’administration. Mais au sommet des entreprises, les hommes tiennent à ce stade encore fermement les rênes.

Grâce à la loi Copé-Zimmermann, la mixité des instances dirigeantes est devenue une réalité tangible. Les conseils d’administration des entreprises du SBF 120 comptent 46,7 % de femmes (47,7 % pour le CAC 40), un niveau inédit en Europe. Avec la loi Rixain, cette dynamique s’étend désormais aux comités exécutifs et de direction, où la part des femmes atteint 27,6 % dans le SBF 120 (28,2 % dans le CAC 40). Ces avancées sont réelles, mais un plafond de verre persiste aux tous premiers rôles : à peine 13 % de Présidentes et Directrices Générales dans le SBF 120 (10 % dans le CAC 40). La France n’est pas en retard sur le plan international, mais la marge de progression reste immense.

Les quotas ont contribué à renforcer la mixité au sein des grandes sociétés cotées, mais des freins structurels persistent et continuent de limiter l’accès des femmes aux plus hautes fonctions. Pour y remédier, il est essentiel d’agir à tous les phases du parcours professionnel, dès la formation initiale et tout au long de la carrière. Dans cette dynamique, les conseils d’administration ont un rôle clé à jouer en exerçant leur devoir de diligence pour s’assurer que la promotion des talents féminins est pleinement intégrée dans la stratégie et la gouvernance de l’entreprise.

Trois leviers pour ouvrir l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités

Si les femmes sont encore trop peu nombreuses aux postes les plus élevés, ce n’est ni un manque de compétences ni un manque d’ambition. Ce sont les mécanismes d’ascension qui restent inadaptés. Pour faire émerger davantage de dirigeantes, trois leviers sont à activer :

  • Encourager les jeunes filles à explorer les filières scientifiques et techniques et/ou reconnaître que ces filières ne sont pas des passages obligatoires pour accéder aux postes clefs. Les grandes entreprises industrielles recherchent souvent des profils issus de ces formations pour leurs directions opérationnelles. Or, ces parcours restent largement masculins. Il est essentiel d’inciter davantage de jeunes filles à s’y engager pour leur ouvrir l’accès aux postes clés. Au-delà, il est aussi sûrement possible de trouver de futurs leaders dans des filières faisant appel à différents types d’expertise, afin notamment d’assurer une plus grande diversité des talents.
  • Intégrer systématiquement les femmes dans les plans de succession. Les nominations aux postes de direction se préparent des années en amont. Éviter des shortlists majoritairement masculines et identifier dès le départ une proportion suffisante de talents féminins est indispensable. Cela suppose un suivi actif des parcours, avec des opportunités de progression équitables.
  • Bâtir et accompagner les viviers de talents féminins. Il ne suffit pas d’identifier des profils prometteurs : encore faut-il les accompagner de manière proactive, favoriser le développement personnel avec notamment de la formation, voire du mentorat. En assurant aux femmes les mêmes opportunités de progression que leurs homologues masculins, la gouvernance devient plus diverse et plus robuste.
Favoriser la mixité : le devoir de diligence des administrateurs

L’objectif de 30 % de femmes dans les comités exécutifs et de direction en 2026 sera vraisemblablement atteint, mais l’effort ne doit pas s’arrêter là. Atteindre 40 % d’ici 2029 nécessitera une mobilisation soutenue, et cette responsabilité incombe à toutes les instances de gouvernance : en premier lieu les directions générales et opérationnelles mais également aux conseils d’administration.

Dans le cadre de leur devoir de diligence, les administrateurs doivent veiller à ce que la direction générale prenne des mesures concrètes et efficaces. Questionner, challenger et accompagner la mise en œuvre des engagements en matière de mixité fait partie intégrante de leur rôle, afin d’assurer que ces objectifs se traduisent en résultats tangibles.

Les entreprises doivent fixer des objectifs clairs et mesurables pour les postes exécutifs, suivre les progrès en ajustant leurs stratégies et transformer durablement les mentalités grâce à la sensibilisation et à la formation.

La mixité n’est pas seulement un enjeu de conformité, c’est un levier de performance et de compétitivité. Il est temps de dépasser la seule logique des quotas pour inscrire cette transformation dans la durée. Et cette dynamique ne doit pas se limiter aux grandes entreprises : PME et ETI doivent aussi être pleinement impliquées pour garantir une évolution homogène et pérenne.

La féminisation des instances dirigeantes : une valeur désormais européenne

La France n’est plus seule dans cet élan. Avec la directive Women on Boards de 2022, l’Europe impose d’ici 2026 des quotas de mixité dans les conseils d’administration ou de surveillance des grandes entreprises cotées, ancrant ainsi l’égalité comme une norme durable.

Mais ailleurs, ces avancées sont parfois remises en cause. L’Europe doit affirmer que diversité et égalité ne sont pas des contraintes, mais des atouts stratégiques pour des entreprises plus performantes et résilientes. Au-delà des quotas, une réflexion s’impose sur le modèle de leadership que la France et l’Europe veulent encourager.

Ce modèle impact bien sûr sur le modèle de société.

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Tribune IFA : Les conseils d’administration garants d’une IA responsable ou témoins impuissants de ses dérives

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Publiée le 03 mars 2025 dans La Tribune

OPINION. L’intelligence artificielle (IA) ne se limite plus à un simple domaine technologique, mais devient un enjeu stratégique mondial. Elle redéfinit les rapports de force économiques, transforme le travail et soulève des questions éthiques et environnementales cruciales. Par Denis Terrien 1 et Laurent Degabriel 2, respectivement Président et Directeur général de l’Institut des Administrateurs (l’IFA)

Denis Terrien et Laurent Degabriel

L’intelligence artificielle (IA) redessine les rapports de force entre grandes puissances économiques mondiales, transforme en profondeur le travail et soulève des défis éthiques et environnementaux inédits. Ce n’est plus un simple sujet technologique, mais un enjeu stratégique de premier ordre, exigeant une réponse forte et éclairée des conseils d’administration.

Cette prise de conscience a été confirmée lors du Sommet de Paris sur l’IA. À cette occasion, 61 pays, dont la France, la Chine et l’Inde, ont signé une déclaration commune en faveur d’une IA « ouverte », « inclusive » et « éthique ». Parallèlement, une coalition pour une IA durable a été lancée, regroupant 91 partenaires, dont 37 entreprises technologiques et plusieurs organisations internationales. Ce sommet a acté un fait essentiel : l’IA ne peut plus rester l’apanage des seuls ingénieurs et régulateurs.

Les entreprises sont des acteurs majeurs de cette transition, et leurs conseils d’administration, en première ligne, ont la responsabilité de superviser l’intégration stratégique et responsable de l’IA. Conscient des défis que l’IA impose aux conseils d’administration, l’IFA a à cœur d’accompagner les administrateurs dans cette révolution inédite.

Un bouleversement stratégique et concurrentiel

L’IA n’est plus une simple innovation technologique ; elle redéfinit les équilibres mondiaux. Tandis que l’Europe encadre son développement avec l’AI Act, les États-Unis et la Chine misent sur des approches plus souples, accélérant l’essor de leurs champions nationaux. Cette divergence réglementaire complique la tâche des entreprises européennes, qui doivent conjuguer compétitivité et conformité.

Or, l’absence de formation des administrateurs sur l’IA constitue un risque majeur. Sans maîtrise de ces enjeux, comment prendre des décisions éclairées ? Il est urgent d’intégrer des compétences en IA au sein des conseils d’administration, en désignant un administrateur référent ou en créant un comité spécialisé. À défaut, les entreprises risquent de piloter à l’aveugle.

L’éthique et la responsabilité au cœur des décisions

Si l’IA offre de vastes opportunités, elle soulève aussi des défis éthiques majeurs : biais algorithmiques, opacité des modèles et responsabilité des décisions automatisées. Qui répondra d’une erreur commise par une IA ? Comment garantir un usage équitable et impartial des données ?

Les conseils d’administration doivent impérativement instaurer des audits réguliers des algorithmes, veiller à la protection des données personnelles et anticiper les risques de dérives. La transparence devient un enjeu incontournable : les mécanismes de décision doivent rester compréhensibles et justifiables pour maintenir la confiance des parties prenantes et éviter des crises qui pourraient fragiliser leur réputation.

L’IA et son empreinte environnementale

L’explosion de l’IA générative s’accompagne d’un coût écologique exponentiel. La consommation énergétique des centres de données croît à un rythme alarmant, et l’extraction des matières premières nécessaires aux infrastructures numériques aggrave la pression sur les ressources naturelles.

Les conseils d’administration ne peuvent ignorer cet enjeu. Ils doivent exiger une évaluation précise de l’empreinte écologique des technologies employées et encourager l’adoption de modèles d’IA plus frugaux. Une transformation numérique durable est non seulement souhaitable, mais indispensable.

Un changement sociétal inédit

Enfin, l’IA bouleverse le travail et la répartition de la valeur. Si la révolution industrielle a mécanisé les tâches physiques, l’IA automatise les fonctions cognitives. Comment s’assurer que la richesse créée par l’IA ne creuse pas davantage les inégalités ?

Les conseils d’administration doivent anticiper ces mutations et les accompagner. Ce n’est pas un sujet secondaire : une transition injuste risquerait d’aggraver les fractures économiques et sociales, mettant en péril la cohésion de nos sociétés.

Le contrôle des infrastructures et des algorithmes façonne désormais les équilibres géopolitiques et menace la souveraineté numérique. L’Europe doit défendre un modèle d’IA éthique et respectueux des libertés fondamentales. Mais cet engagement ne peut reposer uniquement sur les États. Les entreprises et leurs conseils d’administration ont leur rôle à jouer. Ceux qui saurons faire preuve de discernement face aux défis de l’IA façonneront l’avenir.  Les conseils en première ligne seront garants d’une IA responsable ou témoins impuissants de ses dérives !

  1. Denis Terrien est Président de l’Institut Français des Administrateurs (IFA) depuis mai 2019. Entrepreneur, dirigeant et administrateur, Denis Terrien est membre de conseils d’administration depuis plus d’une vingtaine d’années. Il est actuellement membre de conseil du Groupe Colisée (Président du Conseil de Surveillance), de Ciel Textile (Président du comité de nomination), de Concilio et de Changer par le don. Il a été précédemment Président du Groupe Vivarte, de oNotes, de Grandir et du Groupe 3SI.
    Il a dirigé des sociétés dans le domaine du digital, de la distribution, de service, et de biens de consommations pour des groupes multinationaux à capital privé ou familial ainsi que pour des sociétés cotées en bourse. Denis Terrien a commencé sa carrière chez McKinsey à Londres. Il a ensuite fondé amazon.fr. Président de Sanford Europe de 2001 à 2007, dont il a dirigé l’expansion en EMEA et en Inde.

    Denis Terrien est diplômé de Harvard Business School (MBA), de l’Université d’Oxford (Master of Science) et de l’Enseeiht (Ingénieur en mathématiques). ↩︎
  2. Laurent Degabriel est Directeur Général de l’Institut Français des Administrateurs
    Passionné par les enjeux de gouvernance, Laurent Degabriel, 60 ans, est administrateur indépendant depuis de nombreuses années et certifié du certificat administrateur de sociétés IFA – Sciences Po. Laurent Degabriel possède une riche expérience au sein de banques internationales, d’institutions européennes et de cabinets de conseil aussi bien en France, qu’à l’international (Bruxelles, Londres, Hong Kong). Depuis 2024, Il est Directeur Général de l’Institut Français des Administrateurs Il est diplômé de Sciences Po Paris et de l’Université Paris-Dauphine et a obtenu un MBA de la London Business School. ↩︎

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Tribune IFA : Enjeux cyber : comment former le conseil d’administration ?

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Publiée le 25 février 2025 dans L’Agefi

Dans cette tribune, les membres du groupe de travail cyber de l’institut français des administrateurs (IFA) constatent que la montée en puissance des attaques cyber, conjuguée à leur caractère évolutif et multiforme, en font un enjeu stratégique majeur pour les entreprises.

L’essor de l’intelligence artificielle offre de nouvelles possibilités en matière de fraude. De nouveaux outils peuvent aujourd’hui simuler par exemple la voix et l’image d’un dirigeant. Si le risque cyber est perçu comme très spécifique et technique, il est d’ampleur variable selon l’activité, le modèle d’affaires et les facteurs de complexité inhérents aux systèmes d’information et de leur exposition au risque de fraude. La complexité du risque cyber s’apprécie à travers plusieurs facteurs : la sensibilité des données, les systèmes d’information industriels, l’internet des objets et la multitude de capteurs, les interconnections des systèmes d’information dans la chaîne de valeur, ou encore l’utilisation de la blockchain ou de crypto-actifs.

Le conseil d’administration est un organe collégial qui supervise la direction en particulier sur la stratégie et les risques. À ce titre, son rôle est avant tout d’interroger et de remettre en question les décisions, plus que d’apporter une expertise directe, même s’il peut faire appel à des experts indépendants lorsqu’il le juge nécessaire. Dans ce contexte, une question revient souvent : quelles compétences en cybersécurité sont indispensables au conseil et sous quelle forme doivent-elles exister ? Faut-il privilégier une expertise individuelle, un comité d’audit ou des risques, un comité spécialisé ou encore un administrateur référent, comme c’est le cas dans certaines activités réglementées ?

Compétence spécifique requise

Le risque cyber est de plus en plus difficile à appréhender pour un administrateur non expert ou non spécifiquement formé sur ces sujets. Une bonne compréhension générale, voire une compétence spécifique, permet de poser les bonnes questions, au bon niveau de granularité, de comprendre et de dialoguer avec l’expert ou un auditeur externe spécialisé et plus largement d’apprécier la réponse d’ensemble de la direction. La responsabilisation des dirigeants dans les nouvelles directives NIS2 et Dora va d’ailleurs entraîner un dialogue éclairé sur les sujets cyber et de résilience opérationnelle entre les mandataires sociaux et les administrateurs.

Ainsi, comment assurer la prise en compte du risque au bon niveau par le conseil dans son ensemble en « traduisant » les subtilités ?

Le risque pour le conseil est de se reposer sur cette compétence spécifique dans la prise de décision, et de faire peser sur un administrateur et, à l’expérience, plus souvent une administratrice, une responsabilité plus forte. En clair, de ne plus avoir un fonctionnement véritablement collégial sur un sujet pourtant stratégique.

Selon l’importance des sujets de digitalisation, de gouvernance des données, d’utilisation de nouvelles technologies et d’exposition au risque cyber, le conseil se posera la question d’un comité spécialisé qui creusera ces sujets lors de réunions de travail.

Montée en compétence indispensable

Il revient à chaque conseil de définir le dispositif le plus adapté pour son fonctionnement sur ces aspects. L’administrateur référent cyber est à considérer avec attention, en encadrant son rôle dans une charte , et tout en notant que chaque administrateur devrait être capable de contribuer avec pertinence à la plupart des discussions, à des degrés divers selon son expérience. Le manque de compréhension d’ensemble peut même avoir un impact négatif sur l’efficacité du conseil dans le cas d’un cyber incident.

À l’heure où les menaces cyber se multiplient sur fond de tensions géopolitiques, il est indispensable que l’ensemble des administrateurs monte en compétence de manière réelle, structurée et encadrée. Reste à déterminer comment intégrer cette compétence cyber dans la cartographie des compétences du conseil, comment structurer un plan de formation efficace et à quelle fréquence la cybersécurité doit figurer à l’agenda des conseils.

Tribune rédigée par Anne-Hélène Monselato, administratrice indépendante, Marie-Hélène Rigal, administratrice indépendante, Damien Chaminade, directeur des risques et de la conformité dans une institution de paiement, Nathalie Kestener, entrepreneuse dans le Conseil et la Tech, experte gouvernance, Marie-Noëlle Brisson, administratrice indépendante, co-Founder, CyberReady LLC

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