2023, l’IFA a 20 ans – Portraits de Jean-Florent Rérolle et Anne Outin-Adam, membres historiques de l’IFA et co-auteurs du Vade-mecum de l’administrateur

 

À quelques semaines de la parution de la quatrième édition du Vade-mecum, ses co-auteurs, Jean-Florent Rérolle et Anne Outin-Adam, reviennent sur leurs années de travail en commun au cœur des instances de l’IFA, sur cette nouvelle entreprise d’écriture à quatre mains, sur les mutations de fond qui l’ont motivée et sur la valeur ajoutée de l’ouvrage à paraître.

Dresser un état des lieux de la gouvernance, en identifier les bonnes pratiques, en souligner les enjeux… C’est à cette triple ambition que répond le Vade-mecum, cette « bible de l’administrateur » dont la quatrième édition – signée Jean-Florent Rérolle et Anne Outin-Adam pour l’IFA – paraîtra dans quelques semaines mais dont l’aventure remonte aux premiers temps de l’IFA, ou presque. À l’époque, Jean-Florent, associé chez Ernst & Young, trouve, comme d’autres, « qu’il manque un think tank pour améliorer la gouvernance en France, un espace d’influence dédié à ses enjeux… ». Anne est directrice des politiques économiques et juridiques de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Lorsque l’IFA voit le jour, tous deux participent à la rédaction des statuts et, début 2003, l’Institut français des administrateurs s’impose comme l’organisme de référence de la gouvernance. Pour ces deux passionnés du sujet, c’est le début d’une longue collaboration.

Ouvrage de référence

Celle-ci s’amorce suite à la création d’un premier groupe de travail dédié au fonctionnement du conseil d’administration dont Jean-Florent est rapporteur. « Au fil des entretiens nous avions accumulé un tel volume d’informations que je me suis rapidement dit qu’il y avait matière à faire plus qu’un rapport, se souvient-il : un livre… » Ce sera le premier Vade-mecum, un ouvrage de référence à usage des conseils et de leurs membres qui paraît en 2005, principalement dédié au cycle de vie de l’administrateur et à ses prises de décision. Deux thématiques clés auxquelles vont bientôt s’en ajouter une autre lorsque, trois ans plus tard, la deuxième édition voit le jour, avec la dimension juridique qui lui manquait jusqu’alors. En 2013 une troisième version vient actualiser la précédente. Il faut ensuite attendre plus de sept ans pour que le projet d’une quatrième édition – aujourd’hui sur le point d’aboutir avec la parution imminente de l’ouvrage – soit lancé. Pour les deux co-auteurs, la tâche s’annonce ardue. Et pour cause.

 

« En moins de dix ans, la gouvernance est devenue un vrai enjeu d’éthique, de développement économique et un critère de choix décisif pour un nombre croissant d’investisseurs » ; Jean-Florent Rerolle

 

Une gouvernance en mutation

« En dix ans, dans les pratiques comme dans les attentes, beaucoup de changements s’étaient opérés, les réglementations, en hard comme en soft law, avaient évolué, ce qui nécessitait qu’on retravaille le sujet en profondeur, indique Jean-Florent Rérolle dont la propre expertise s’est approfondie suite à plusieurs expériences d’administrateur. De son côté, Anne Outin-Adam vient enrichir cette nouvelle édition non seulement de sa rigueur juridique mais aussi de sa connaissance fine du monde des entreprises et de cette sensibilité prospective qui, durant vingt ans, lui aura permis, au sein de la CCI, de travailler à « bâtir un monde adéquat pour les acteurs économiques et la société civile de demain ». Elle aussi en atteste : cette édition 2023 fait non seulement état des transformations majeures qu’a connu le monde de la gouvernance au cours de ces dernières années – mise en place de la parité, instauration d’un dialogue actionnarial, enjeux de type ESG, raison d’être, nouvelles exigences de la société civile, etc – mais aussi des évolutions législatives qui en ont découlé. « Sur le plan national comme européen, beaucoup de normes étaient apparues qui avaient fortement modifié les comportements au sein des conseils, souligne Jean-Florent Rérolle. En moins de dix ans, la gouvernance était devenue un vrai enjeu d’éthique, de développement économique et un critère de choix décisif pour un nombre croissant d’investisseurs ».

Architecte et boussole

Face à ce changement de périmètre, le Vade-mecum quatrième génération renouvelle le genre en abordant des thématiques dans la lignée des sujets portés par l’IFA tels que : l’évaluation du dirigeant, le climat, l’allocation du capital ou encore le rôle de l’administrateur. « Celui d’architecte de la gouvernance et celui de boussole stratégique », résume Jean-Florent Rérolle pour qui telles sont, désormais, les deux fonctions « clés » du conseil : « organiser la gouvernance pour accompagner le management et être dans la méta-stratégie pour développer la vision qui permettra à l’entreprise de créer de la valeur à long terme ».

Pour Anne Outin-Adam, le caractère novateur de cette nouvelle édition tient en grande partie au fait que, pour la première fois, on y parle « posture de l’administrateur », ce qui contribue à sa valeur et à sa capacité à refléter un monde de la gouvernance en mutation. « En dix ans, on est passé d’un conseil d’administration  dont le but premier était l’appréhension et la gestion des risques à un conseil qui contribue activement à la stratégie de l’entreprise et qui doit faire face à la montée d’un actionnariat de plus en plus impliqué dans la stratégie extra-financière de l’entreprise », décrypte Jean-Florent Rérolle qui rappelle que ces deux paramètres – qui n’existaient pas il y a encore quelques années – « structurent aujourd’hui la fonction d’administrateur ».

« Cette édition a un côté « livre de recettes » : elle offre des options sans donner d’injonctions » ; Anne Outin-Adam

 

Formuler des options, pas des injonctions

Reste que, si le périmètre de réflexion de l’ouvrage s’est élargi, son ambition première demeure inchangée. Elle consiste toujours à aider les administrateurs à interagir efficacement avec les instances de direction et à acquérir une vision plus large de leur rôle. « Comme les versions précédentes, ce vade-mecum vise toujours à éclairer les administrateurs sur leur mission ; à les aider à prendre du recul pour les amener à poser et à se poser les bonnes questions ; à leur donner un certain courage pour construire, au sein de l’entreprise, une stratégie en adéquation avec les attentes de la société, explique Anne. C’est pourquoi cette édition a un côté « livre de recettes » : elle offre des options sans donner d’injonctions ». Jean-Florent confirme : « Le Vade-mecum ne se veut pas prescriptif : c’est un ouvrage qui cherche à donner à voir des pistes de réflexion un peu prospectives aux administrateurs, notamment en leur faisant prendre conscience des biais cognitifs qui impactent leur prise de décisions, pour les inciter à infléchir certains aspects de leur fonction ». Et ce faisant, leur rappeler que la gouvernance reste, comme le rappelle régulièrement l’IFA, une matière aussi exigeante qu’évolutive.

Mixité des instances dirigeantes: Guylaine Dyèvre , vice présidente de l’IFA invitée de l’émission Smart Job, pour partager sa vision !

Mixité, égalité Femmes / hommes dans les instances dirigeantes et les conseils d’administration.

 

Un sujet clé pour l’IFA et pour lequel la vice présidente du conseil d’administration de l’IFA Guylaine Dyèvre a bien voulu partager son point de vue et qui a profité de cette occasion pour rappeler la place de la France en tant que leader européen du nombre de femmes dans les conseils avec un chiffre de 46,4% !

 

« Sans la loi coppé Zimmerman, nous n’aurions pas connu cette accélération » 

 

Pour voir ou revoir l’intervention de Guylaine Dyèvre

https://www.bsmart.fr/emissions/smart-job

 

2023 : l’IFA a 20 ans…

Le jour où…

 

 

Alors que le sujet fait encore polémique, l’IFA s’engage en faveur du rôle de l’administrateur indépendant. C’était il y a 19 ans.

Devant les 150 participants réunis ce jour-là pour une matinale à la Chambre de Commerce de Paris, Daniel Lebègue, fondateur et alors président de l’IFA, reçoit Aldo Cardoso, à l’époque administrateur indépendant chez Orange, commissaire aux comptes, consultant et auteur de L’Anarchie libérale.

« La première qualité d’un administrateur indépendant est sa capacité à apporter une vision différente et complémentaire au sein du conseil ; un regard non biaisé sur l’entreprise », déclare celui qui, par la suite, contribuera à la réalisation du guide IFA des « 100 bonnes pratiques des présidents des comités d’audit ».

Deux ans plus tard, l’IFA va au-delà du code de gouvernance et publie une « grille d’analyse » rassemblant les critères d’indépendance, formels et informels, d’un administrateur. En avant-propos il y est déclaré que, si le concept d’administrateur indépendant fait encore « l’objet de controverses », l’IFA s’est prononcé « en faveur de l’importance de [leur] représentativité au sein des conseils » et soutient « résolument » la dynamique qui, désormais, voit leur présence se généraliser parmi les administrateurs.

19 ans plus tard, cette « grille » reste un outil pratique d’actualité et continue à faire autorité.

Pour consulter la grille d’analyse :admi indépendant_vdef_141206

L’assemblée générale de l’IFA

 

Suite à l’assemblée générale de l’IFA qui s’est tenue jeudi 3 juin à 18h, en live :

 

Ont été renouvelés :

Francois Bouvard 

  • éléments de biographie: François Bouvard est administrateur de sociétés et de structures à but non lucratif.
    Vice-président de l’IFA du 16 septembre 2020 au 3 février 2021, il a assuré les fonctions de Délégué Général de juillet 2019 à juin 2020.
    Auparavant il a travaillé pendant 25 ans chez McKinsey & Company où il a dirigé comme Directeur Associé Senior le secteur de conseil aux sociétés industrielles pour la France puis le secteur de conseil aux gouvernements pour l’Europe.
    Il avait commencé sa carrière comme ingénieur de plateformes puis comme manager de base opérationnelle dans le groupe Schlumberger.
    François Bouvard est diplômé de l’Institut Catholique d’Arts & Métiers, détient un MBA de Harvard Business School ainsi que le Certificat d’Administrateur de Sociétés IFA Sciences Po.

Laurence Dors

  • éléments de biographie: Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure et de l’Ecole Nationale d’Administration, Laurence Dors a commencé sa carrière en 1983 à la Direction des Relations Economiques Extérieures du ministère de l’Economie et des Finances où elle a occupé diverses responsabilités. Appelée en 1994 au cabinet du Ministre de l’Economie pour y suivre les questions de commerce extérieur, puis en 1995 au cabinet du Premier Ministre comme responsable des affaires économiques internationales, elle revient à la DREE comme Sous-Directeur de 1997 à 1998, date à laquelle elle rejoint la Direction Internationale du Groupe Lagardère puis d’Aérospatiale-Matra. Elle fait partie de l’aventure de la création d’EADS d’abord comme Secrétaire Général d’EADS International de 2000 à 2003, puis comme Secrétaire Général du Groupe EADS de 2003 à 2008. En Avril 2008, elle rejoint Dassault Systèmes comme Directeur Général Adjoint, en charge du Développement Global, avant d’être Secrétaire Général de Renault entre 2010 et 2011. Elle opte alors pour l’aventure entrepreneuriale : cofondateur en 2012 et directeur associé du cabinet de conseil Theano Advisors, elle conseille les dirigeants sur l’ensemble de leurs problématiques de gouvernance, de stratégie et d’organisation corporate. Depuis la fin 2018, elle se consacre exclusivement à ses mandats d’administrateur.
    Laurence Dors est administratrice indépendante de :
    – Capgemini, présidente du Comité des Rémunérations et membre des comités Ethique et Gouvernance et Audit
    – Egis SA où elle préside le Comité des Rémunérations et est membre du Comité des Engagements
    – Latécoère, présidente du Comité d’audit et des risques
    Elle vient de quitter le conseil d’administration de Crédit Agricole SA dont elle était membre depuis 2009, présidente du Comité des Rémunérations et membre des comités d’Audit et de la Gouvernance.
    Elle est administratrice de l’IFA depuis 2012 et Présidente de la Commission Prospective et Recherche depuis 2020

Helman le pas de secheval 

  • éléments de biographie: Ancien élève de l’École normale supérieure, docteur en sciences physiques, ingénieur des mines,
    Helman le Pas de Sécheval, 55 ans, a commencé sa carrière en 1991 comme chargé de mission au département Ingénierie financière de la Banexi.
    De 1993 à 1997, il exerce les fonctions d’inspecteur général adjoint des carrières de la Ville de Paris.
    En juillet 1997, il est nommé adjoint au chef du Service des opérations et de l’information financière de la Commission des opérations de bourses avant d’être promu chef de ce service en 1998.
    De novembre 2001 à décembre 2009, Helman le Pas de Sécheval est directeur financier groupe de Groupama.
    De janvier 2010 à décembre 2011, il est directeur général de Groupama Centre Atlantique.
    Depuis septembre 2012, il est secrétaire général du groupe Veolia Environnement.
    Depuis février 2015, Helman le Pas de Sécheval est membre du Collège de l’Autorité des marchés financiers.

Eric Personne 

  • éléments de biographie:  Après un début de carrière de photographe, Eric Personne reprend l’entreprise familiale en 1988 et devient agent Renault. Il pilote alors une équipe de 15 personnes qui commercialisera 250 véhicules par an.
    Après avoir vendu son agence en 2002, il entre chez Renault Retail Group (filiale de distribution du Groupe Renault) et occupe plusieurs postes : chargé de développement après-vente, chargé de certification ISO et responsable du reporting commercial et qualité.
    Représentant CFE-CGC au Comité de Groupe Renault de 2005 à 2012, il devient administrateur salarié du Groupe Renault en novembre 2012. Membre du Comité de Stratégie Internationale et du Comité des Rémunérations lors de son 1er mandat. Il est réélu une 1ère fois pour 4 ans en novembre 2016 et intègre le Comité d’Audit, des Risques et de l’Ethique.
    En 2018, il succède à Anne-Marie Mourer et devient administrateur de l’IFA à l’issue de l’AG. A ce titre, il anime le Club des Administrateurs Salariés de l’IFA dont il laissera la présidence à 2 co-présidents mi-2019 tout en devenant référent du Club auprès du Conseil de l’IFA.
    En 2019, au Conseil de Renault, un an avant son 3ème mandat, il intègre le Comité Ethique & RSE nouvellement créé tout en conservant sa participation au Comité de la Gouvernance et des Rémunérations.
    Depuis 2020, Eric Personne est chargé de mission à la Direction des services généraux de Renault.
    A aujourd’hui, il cumule plus de 35 ans d’action collective patronale ou salariée dans ses milieux professionnels.
Ont été nommés 

Helene Auriol Potier 

  • éléments de biographie: Elle a construit sa carrière dans le secteur des technologies numériques et des télécommunications aux États-Unis, en Europe, en Afrique et en Asie.
    Elle débute sa carrière à New York chez France Télécom en 1986.
    En 1990, elle rejoint la société de technologie mobile canadienne Nortel où elle passe 16 ans et exerce différentes fonctions de direction, notamment en tant que vice-présidente Avant-Vente Mobile puis vice présidente EMEA, Services & Operations.
    En 2006, elle rejoint Dell et prend en charge les marchés émergents de la zone Afrique et Méditerranée, en tant que Directeur Général et membre du comité exécutif de « Dell Marchés Émergents ».
    En 2009, Microsoft la recrute en tant que Directeur Général, Entreprises, Secteur public et Partenaires et membre du comité exécutif de Microsoft France. Puis elle est nommée Directeur Général de Microsoft
    Singapour et membre du comité exécutif de Microsoft Asie-Pacifique. En 2013, elle est nommée Directeur
    Général, Microsoft Dynamics Europe de l’Ouest, puis Directeur Général Secteur public Europe. Elle est ensuite nommée Directeur Général Intelligence artificielle Europe.
    De novembre 2018 à septembre 2020, elle rejoint Orange, en tant que vice-présidente exécutive des activités internationales et de membre du comité exécutif d’Orange Business Services.
    Par ailleurs, Hélène Auriol Potier siège aux conseils de Randstad NV inclus dans l’indice AEX25, Safran SA inclus dans l’indice CAC40, Mimecast côté au NASDAQ et ODDO BHF, groupe privé.

 

Pour connaître la nouvelle composition du conseil

 

https://ifa-asso.illisite.info/rejoindre-lifa/qui-sommes-nous/gouvernance/

Pour voir ou revoir l’assemblée générale:

L’importance du capital humain dans les conseils : La tribune du Club ESG de l’IFA

 

Le club ESG de l’IFA publie une tribune libre parue dans l’opinion ce 23 mars 2021 sur le sujet du capital humain et de sa place au sein des conseils d’administrations !

 

« L’accélération des prises de conscience provoquée par la crise sanitaire invite les conseils d’administration à inscrire en tête de leur agenda ce qui les a mobilisés depuis le début de cette crise : la protection et la mise en valeur du capital humain de l’entreprise »

Depuis le début de la pandémie, les entreprises se sont focalisées sur le télétravail — en réalité du travail forcé à distance avec des conditions souvent dégradées — et sur le renforcement des dispositifs de protection de la santé des collaborateurs. Le leadership a évolué vers plus de proximité individuelle et d’empathie, et il a fallu par la confiance maintenir la motivation des collaborateurs. Le dialogue social a connu une intensité exceptionnelle. Les conseils d’administration se sont impliqués aux côtés des dirigeants avec une fréquence inhabituelle afin de suivre l’évolution de la situation et de s’assurer qu’y étaient apportées les meilleures réponses.

Il s’agit toutefois d’être conscient aujourd’hui, un an après le début du premier confinement, qu’au-delà de la réponse à l’urgence sanitaire l’entreprise reste confrontée à tous les défis « d’avant » qui vont impacter le corps social sur la durée : adaptations à des transformations durables des modèles d’affaires face aux priorités environnementales, évolution des technologies, digitalisation accrue, besoins de compétences nouvelles…

Télécharger la Note de l'IFA

Les administrateurs savent qu’ils vont devoir s’emparer encore davantage de la façon dont l’entreprise met en œuvre sa responsabilité sociale d’employeur. Leur réflexion sur le socle d’informations et d’indicateurs nécessaires à l’exercice de leur responsabilité s’impose. Ils devront s’assurer que les sujets traités sont mis en cohérence avec la raison d’être de l’entreprise et les enjeux sociaux et environnementaux, et que les pratiques managériales permettent de maintenir la confiance et l’engagement des collaborateurs.

Pierre angulaire. Fort de ce constat, le club ESG de l’Institut français des administrateurs (IFA), conforté par une vingtaine d’entretiens avec des personnalités du monde de l’entreprise, a tiré trois enseignements majeurs :

D’une part, la prise en compte du capital humain doit rester, même après la crise, une pierre angulaire des travaux du conseil. Ce dernier doit avoir une appréciation, bien documentée, de ce qui constitue une part essentielle de la richesse de l’entreprise. Cela va au-delà de l’exposé annuel des bilans sociaux réglementaires, des ratios d’équité, de l’index Pénicaud, des nouveaux objectifs de féminisation des équipes dirigeantes… La donnée brute ne suffit pas pour disposer d’une analyse fine et complète du capital humain.

« Personne ne doute plus que performance durable et engagement des collaborateurs ne soient liés »

D’autre part, la capacité de fonctionner en temps de pandémie ne doit pas dédouaner l’entreprise d’une vision prospective de la protection nécessaire des salariés et de l’adaptation de leurs compétences qui intègre la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Cela passe par l’examen des ambitions réelles des plans de formation, des dispositifs de gestion des carrières, de la capacité de l’entreprise à attirer et à diversifier les talents. La fréquence et la qualité du dialogue social jouent un rôle clé dans la préparation de l’avenir, mais il ne s’agit pas uniquement de l’inventaire du nombre d’accords signés. Les conseils d’administration doivent être attentifs à la qualité du dialogue social dans l’entreprise et aux signaux faibles de détérioration du climat social.

Réactivité. Enfin, la crise a souligné que la réactivité de l’entreprise dépendait de l’engagement des salariés qui repose sur le lien de confiance, de proximité et d’adhésion entre les managers et leurs équipes. Cela passe par la mise en valeur de bonnes pratiques managériales : courage, capacité d’entraîner l’adhésion des équipes, aptitude au dialogue de proximité. Ces capacités se sont inégalement manifestées pendant la crise et les conseils doivent en tirer les conséquences quant au choix des critères d’évaluation des dirigeants, de l’appréciation des comportements et des rôles de chacun, de l’organisation du travail.

L’accélération des prises de conscience provoquée par la crise sanitaire invite les conseils d’administration à inscrire en tête de leur agenda ce qui les a mobilisés depuis le début de cette crise : la protection et la mise en valeur du capital humain de l’entreprise.

Les ordres du jour des conseils d’administration laissent trop peu de place à la responsabilité sociale de l’employeur, qui ne relève pas des seuls choix des dirigeants exécutifs. Pourtant, personne ne doute plus que performance durable et engagement des collaborateurs ne soient liés. Une stratégie qui ne prendrait pas en compte la dimension humaine et sociale de l’entreprise serait de court terme et risquée. La performance et la résilience de l’entreprise exigent de protéger cet actif clé que forment les collaborateurs et de lui donner à chaque étape les moyens d’adaptation nécessaires pour contribuer au succès de l’entreprise. Pour cela, les administrateurs et administratrices devraient veiller à recevoir les informations nécessaires pour que le capital humain trouve toute sa place dans les débats des conseils d’administration.

Le Club ESG de l’Institut français des administrateurs, IFA.

 

Pour plus d’informations

Programmes courts

L’offre de l’IFA a été conçue pour que les administrateurs puissent perfectionner leurs pratiques, et comprendre les comportements et techniques de travail les plus efficaces dans la conduite de leur mandat.