Le Say-On-Climate retiré du projet de loi industrie verte : les plans climatiques en AG ne seront pas généralisés

Avant même que la commission mixte paritaire, composée de députés et de sénateurs, se réunisse le lundi 9 octobre pour débattre du projet de loi sur l’industrie verte, l’amendement concernant le Say-On-Climate a été retiré.

Cet amendement [1], déposé par le député Alexandre Holroyd de La République en marche, avec le soutien du Forum pour l’Investissement Responsable (FIR), avait été adopté par l’Assemblée nationale à la fin du mois de juillet.

Ce dispositif visait à soumettre au vote, lors des assemblées générales annuelles, des résolutions concernant les stratégies climatiques des entreprises cotées. Le vote aurait été obligatoire, bien qu’il n’ait pas de force contraignante, dans le but de promouvoir un dialogue constructif entre les investisseurs responsables et les entreprises.

Selon Grégoire Cousté, Délégué général & Secrétaire général du FIR, la France « a raté une occasion de montrer qu’il existe des outils pour favoriser le dialogue sur la transition climatique ». Le texte ne proposait pas de vote contraignant et respectait la hiérarchie des organes sociaux. Selon Alexandre Holroyd  « Il est regrettable que finalement les parlementaires ne se soient pas saisis du sujet ».

La plupart des entreprises, qu’elles soient de petite ou grande envergure, exprimaient leur forte opposition à cette nouvelle exigence, à l’exception de celles qui incluaient déjà le vote sur leur stratégie climatique dans leurs discussions avec les actionnaires.

 

Pour aller plus loin :

 

[1] L’amendement N°483 du projet de loi sur l’industrie verte (N°1512), déposé le mardi 11 juillet et adopté le vendredi 21 juillet 2023 proposait l’insertion d’un nouvel article, L 22-10-10-1, à la suite de l’article L.22-10-10 du code de commerce. Ce nouvel article s’il avait été retenue, aurait établi trois obligations pour les sociétés cotées.

  • L’élaboration d’une stratégie climat et durabilité

Le conseil d’administration devrait élaborer une stratégie climat et durabilité conforme à l’intérêt social de la société et prenant en compte les enjeux sociaux et environnementaux de son activité, tout en s’inscrivant dans sa stratégie commerciale.

Le contenu et les modalités de la publicité de cette stratégie seront définis par décret en Conseil d’État.

  • La stratégie climat et durabilité soumise à un vote consultatif tous les 3 ans en assemblée générale annuelle

Un vote consultatif de l’assemblée générale ordinaire aurait lieu tous les trois ans et lors de chaque modification importante pour approuver cette stratégie climat et durabilité. Le résultat du vote consultatif devrait être pris en considération par le conseil d’administration.

  • Publication annuelle d’un rapport de la mise en œuvre de la stratégie climat et durabilité

Le conseil d’administration devrait établir chaque année un rapport sur la mise en œuvre de la stratégie climat et durabilité. Il serait soumis à l’approbation consultative de l’assemblée générale ordinaire des actionnaires. Le résultat de ce vote serait également pris en compte par le conseil d’administration.

EcoDa publie un rapport sur les administrateurs indépendants et formule 6 recommandations

Le 3 octobre 2023, la Confédération européenne des associations d’administrateurs – EcoDa – a publié un rapport sur la notion d’indépendance des administrateurs. Sylvie Le Damany, co-présidente de la Commission Juridique de l’IFA fait partie des contributeurs de ce rapport. Cette publication met en lumière l’importance de ces acteurs clés au sein des organes de gouvernance et souligne leur contribution à la diversité des conseils.

Dans ce rapport, EcoDa retrace les recommandations de 2005 de la Commission européenne concernant les administrateurs non exécutifs indépendants. La confédération européenne rappelle que les exigences relatives aux administrateurs indépendants varient considérablement d’un pays à l’autre. Cela concerne notamment la proportion d’administrateurs indépendants au sein des conseils, leur participation dans les comités, ainsi que la durée de leur mandat.

Pour EcoDa, le rôle des administrateurs indépendants revêt une importance particulière dans la gouvernance d’entreprise, notamment pour garantir une gestion adéquate des conflits d’intérêts et s’assurer que les intérêts de toutes les parties concernées sont correctement pris en compte.

Par conséquent, une attention particulière doit être accordée à la définition de cette notion, aux critères déterminant ce statut, à l’évaluation continue de cette qualification et à l’utilisation correcte du terme distinguant les administrateurs non exécutifs des administrateurs indépendants non exécutifs.

 

EcoDa formule 6 recommandations concernant l’approche de la notion d’indépendance des administrateurs [1] :

  1. La recommandation de la Commission européenne ne devrait pas être trop prescriptive, mais être laissée à l’appréciation des États membres.
  2. Une évaluation périodique de l’indépendance des administrateurs non exécutifs devrait être recommandée.
  3. La recommandation de la Commission européenne pourrait stipuler que les Codes de gouvernance d’entreprise nationaux devraient également décrire les attitudes et comportements spécifiques requis tant des administrateurs non exécutifs que des administrateurs indépendants non exécutifs (y compris les formations nécessaires). En effet, l’indépendance ne devrait pas se limiter à un ensemble de critères formels (voir par exemple la note explicative du Comité belge de gouvernance d’entreprise). .
  4. La recommandation de la Commission européenne pourrait recommander d’établir des procédures appropriées de nomination et de révocation afin de garantir une indépendance effective.
  5. Plus généralement, nous estimons que les Codes de gouvernance d’entreprise devraient toujours fournir des recommandations pour traiter les conflits d’intérêts des administrateurs.
  6. Les Codes de gouvernance d’entreprise recommandent que les évaluations du conseil tiennent plus systématiquement compte de la manière dont les conflits d’intérêts sont gérés, et incluent des exigences concernant les évaluations individuelles des administrateurs, ainsi que des réévaluations au moins annuelles de l’indépendance.

[1] Ces recommandations telles que formulées dans cet article sont issues d’une traduction française.

 

-> Pour lire le rapport d’EcoDa (en anglais) : https://ecoda.eu/wp-content/uploads/2019/08/ecoDa-Report-and-Recommendations-on-Independent-Directors-1.pdf–>

-> Pour aller plus loin :

 

SAVE THE DATE : Matinale – Durabilité : Les nouveaux engagements du conseil – 23 novembre de 8h à 10h30

Si vous êtes intéressés par les problématiques de décarbonation des entreprises, de la responsabilité du CA sur des sujets comme le reporting de durabilité. Nous vous attendons, le 23 novembre prochain pour une matinée exceptionnelle, portée par le club ESG de l’IFA avec pour thème :

 

« 𝗗𝘂𝗿𝗮𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁𝗲́ : 𝗹𝗲𝘀 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂𝘅 𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗲𝗶𝗹 »

 

Interviendront lors de cette matinale des personnalités engagées, des experts qui mettront en débat leurs regards et leurs réflexions autour de deux tables rondes.

• 𝟭𝗲̀𝗿𝗲 𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗿𝗼𝗻𝗱𝗲 :

Quels sont les devoirs et responsabilités du conseil eu égard aux évolutions attendues en matière de reporting de durabilité et aux nouvelles exigences européennes qui s’appliqueront progressivement aux entreprises à partir de janvier 2024 ?

Intervenants :
  • Florence Didier-Noaro – Membre du Club ESG de l’IFA, administratrice, présidente du comité RSE et membre du comité d’audit de Forsee Power, administratrice et membre du comité d’audit de Wavestone
  • Éric Duvaud – Directeur des normes de durabilité de l’Autorité des normes comptables
  • Adrienne Horel-Pagès – Directrice de l’engagement citoyen et membre du comité exécutif de La Banque Postale
  • Régine Lucas – Directrice de la finance durable de L’Oréal

• 𝟮𝗲̀𝗺𝗲 𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗿𝗼𝗻𝗱𝗲 :

Quel est l’impact des décisions du conseil d’administration sur la trajectoire de décarbonation d’une entreprise et quelles sont les bonnes pratiques à adopter pour parvenir à l’appropriation collective des enjeux de gouvernance durable ?

Intervenants :
  • Hélène Auriol Potier – Coprésidente du Club ESG de l’IFA, administratrice indépendante du groupe Accor (présidente du comité ESG), de Safran, de Infosys Ltd et de Oddo BHF (présidente du comité des rémunérations)
  • Nathalie Lhayani – Présidente du Forum pour l’Investissement Responsable
  • Aurélie Picart – Déléguée générale du CSF NSE, Comité stratégique de filière, Nouveaux systèmes énergétiques
  • Marie-Hélène Rigal-Drogerys – Membre du Club des Présidents de comités d’audit de l’IFA, présidente du comité d’audit et administratrice de Sopra Steria et Axway Software, vice-présidente et administratrice de Chapter Zero France

 

Les inscriptions sont ouvertes !

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Programme

Les entreprises sont dorénavant appelées par les régulateurs et la société à jouer un rôle dans la transition vers des modèles économiques durables via l’innovation dans de nouveaux produits et services décarbonés, sobres en ressources, respectueux de l’environnement et des personnes. Leur contribution sera déterminante. L’anticipation et la gestion des nouveaux risques et opportunités liés aux enjeux de durabilité joue désormais un rôle clé dans la résilience et l’attractivité des entreprises. Les seules données financières ne suffisent plus à rendre compte de la performance actuelle, à prévoir la performance future des entreprises, ni à permettre aux acteurs de prendre des décisions informées en matière d’investissement et de financement.

Pour prospérer dans cette nouvelle ère de transition, le conseil doit donc mener une réflexion stratégique sur les nouveaux engagements en matière de durabilité et disposer d’une vision étendue des risques et opportunités. Les nouvelles exigences en matière de transparence et de vigilance vont donc bien au-delà d’un exercice de conformité pour peu que les conseils se saisissent des nouvelles informations et outils à leur disposition.

Cette matinale propose, dans un premier temps, d’explorer les rôles et responsabilités du conseil au regard des principales évolutions attendues en matière de reporting de durabilité, s’agissant notamment des nouvelles exigences européennes de la directive concernant la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (Corporate Sustainability Reporting Directive — CSRD) qui s’appliqueront progressivement aux entreprises à partir de janvier 2024. Nos intervenants se pencheront, dans un second temps, sur le rôle du conseil en matière de trajectoire de décarbonation et les bonnes pratiques à adopter pour parvenir à l’appropriation collective des enjeux de gouvernance durable.

 

Instance Invitante – Club ESG de l’IFA co-présidé par :
  • Hélène AURIOL POTIER, administratrice indépendante du groupe Accor (présidente du comité ESG), de Safran, de Infosys Ltd et de Oddo BHF (présidente du comité des rémunérations).
  • Virginie BANET, présidente de Iolite Financial Consulting, administratrice indépendante de Lagardère (présidente du comité des nominations, des rémunérations et de la RSE, membre du comité d’audit), administratrice indépendante de Mediobanca, Netgem et Vallourec.
  • Le groupe de travail responsabilité environnementale est piloté par Anne-Sophie de la BIGNE, administratrice indépendante chez Michelin, directrice des affaires civiles au sein de la direction des affaires publiques France chez Airbus Group. Le groupe de travail consacré au reporting extra-financier est quant à lui piloté par Florence DIDIER-NOARO, administratrice indépendante des sociétés Forsee Power (Présidente du comité RSE et membre du comité d’audit) et Wavestone (membre du comité d’audit).

Mieux comprendre le projet de normes européennes de développement durable de l’EFRAG par EcoDa et ECIIA

Afin de mieux comprendre le projet de normes européennes de développement durable de l’EFRAG, EcoDa et ECIIA ont lancé une vidéo explicative dédiée au sujet.

 

Comment aborder les normes?

Quel est le calendrier de mise en œuvre et quelles nouveautés elles apportent?

Quels impacts elles auront sur les organes directeurs ?

Tous ces points sont abordés afin de faciliter la compréhension et sensibiliser les membres des conseils d’administration pour une meilleure prise en compte des enjeux ESG au sein des entreprises.

Accéder à la vidéo