Publication de l’acte délégué modifiant les actes délégués relatifs à la publication d’informations sur la taxonomie de l’UE.

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Dans la continuité du mouvement de simplification des formalités administratives pesant sur les entreprises européennes, initié en février 2025 par la publication du parquet de simplification « Omnibus », la Commission européenne a annoncé dans un communiqué de presse du 4 juillet, l’adoption d’un train de mesures visant à alléger et simplifier l’application de la taxonomie européenne.

L’objectif affiché est de « réduire la charge administrative pesant sur les entreprises de l’UE, renforçant ainsi la compétitivité de l’UE tout en préservant les objectifs fondamentaux en matière de climat et d’environnement ». 

Cet acte délégué modifie les actes délégués relatifs à la publication d’informations sur la taxonomie, au climat et à l’environnement. Il fait suite au projet d’acte délégué relatif à la Taxonomie, présenté par la Commission dans le cadre du paquet « Omnibus I ».

Les principales mesures de simplification adoptées sont les suivantes : 

  1. Exemption des entreprises, financières ou non financières, de l’obligation d’évaluer l’éligibilité à la taxinomie et l’alignement sur la taxinomie d’activités économiques qui ne revêtent pas une importance financière significative (« matérialité financière ») pour leur modèle économique.

A noter : pour les entreprises non financières, sont considérées comme n’ayant pas une importance financière significative les activités qui représentent moins de 10 % du chiffre d’affaires, des dépenses en capital (CapEx) ou des dépenses opérationnelles (OpEx) de l’entreprise. En deçà de ce chiffre de 10 %, l’entreprise peut choisir de ne pas évaluer si ces activités sont éligibles à la taxinomie ou alignées sur les critères de la taxinomie.

  • Exemption, pour les entreprises non financières, de l’obligation d’évaluer l’alignement sur la taxonomie de l’intégralité de leurs dépenses opérationnelles si celles-ci sont considérées comme ne revêtant pas une importance significative pour leur modèle économique.
  • Simplification des indicateurs clés de performance pour les entreprises financières, tel que le ratio d’actifs verts (GAR) pour les banques et possibilité de ne pas publier, pendant deux ans, d’ICP détaillés au titre de la taxonomie.
  • Simplification des modèles de publication aux fins de la taxinomie : le nombre de points de données à fournir sera réduit de 64 % (entreprises non financières) et de 89 % (entreprises financières).
  • Simplification des critères relatifs à l’absence de préjudice important porté à la prévention et à la réduction de la pollution liée à l’utilisation et à la présence de produits chimiques.

Prochaines étapes :

Cet acte délégué est désormais transmis au Parlement européen et au Conseil pour examen. Les modifications s’appliqueront à l’issue d’une période d’examen de quatre mois (pouvant être prolongée de deux mois).

Les mesures de simplification prévues dans cet acte délégué s’appliqueront à compter du 1er janvier 2026, pour les données de l’exercice 2025. Toutefois, les entreprises pourront les appliquer à partir de l’exercice 2026.

Le Règlement Taxonomie : rappel du cadre

Pour mémoire, le règlement (UE) 2020/852 dit « Taxonomie », est entré en vigueur en 2020. Il vise à établir une classification des activités économiques (en trois catégories : activités durables, de transition et habilitantes) permettant de déterminer celles qui peuvent être considérées comme « durables sur le plan environnemental » ou « vertes ». Cette classification a pour double objectif d’orienter les investissements et d’être un outil de transition des activités économiques.

Le Règlement impose aux investisseurs ainsi qu’aux entreprises (financières ou non) une obligation de transparence, c’est-à-dire de reporter et publier des informations sur leurs engagements sociaux et environnementaux ainsi que de communiquer sur le pourcentage de leurs activités, investissements, et/ou produits financiers considérés comme « verts » au titre de la taxonomie. 

La taxonomie s’appuie sur une liste de 6 objectifs environnementaux :

  • Atténuation du changement climatique
  • Adaptation au changement climatique
  • Utilisation durable et protection des ressources aquatiques et marines
  • Transition vers une économie circulaire
  • Prévention et réduction de la pollution
  • Protection et restauration de la biodiversité et des écosystèmes

Qui est concerné ?

  • Les entreprises non-financières soumises à l’obligation de réaliser un rapport de durabilité (principalement les grandes entreprises, cotées ou non, de plus de 250 salariés)
  • Les entreprises financières : établissements de crédit, entreprises d’assurance et de réassurance, gestionnaires d’actifs, entreprises d’investissement

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Communiqué de Presse : Denis Terrien reconduit à la Présidence de l’IFA. Le Conseil d’administration se renforce avec l’arrivée de trois nouveaux membres.

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Vers une simplification du reporting et du devoir de vigilance en matière de durabilité en Europe : ce qu’il faut retenir de la position du Conseil de l’UE sur le projet de directive « Omnibus Content ».

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Le Conseil de l’Union européenne a adopté sa position sur le paquet « Content » du projet de directive dite « Omnibus », qui vise à alléger et recentrer les exigences européennes en matière de reporting de durabilité (CSRD) et de diligence en matière de durabilité (CS3D). Ce texte constitue une étape clé dans l’agenda de simplification lancé par la Commission européenne en février 2025.

Contexte : l’Europe ajuste son ambition réglementaire

Face aux inquiétudes exprimées par les entreprises et les États membres sur la complexité et la charge administrative des dispositifs CSRD et CS3D, la Commission a proposé un paquet « Omnibus ». Celui-ci comprend : (1) des reportings moins contraignants, centrés sur les grandes entreprises, (2) un encadrement plus souple de la collecte de données dans les chaînes de valeur et (3) un réexamen des normes ESRS, pour en améliorer la lisibilité, la proportionnalité et l’efficacité.

Dans le cadre du processus législatif européen, les représentants des Etats membres de l’Union européenne ont adopté lundi 23 juin 2025, la position du Conseil sur la proposition « Content » de la Commission européenne.

Cette position intervient dans le calendrier précisé par la présidence Polonaise du Conseil de l’Union européenne, qui invitait les Etats membres à prendre position avant le 30 juin, date après laquelle prend fin cette présidence tournante et s’ouvre la présidence Danoise (pour une durée de 6 mois).

Les propositions du Conseil sont détaillées ci-dessous :

1- Directive CSRD sur le reporting en matière de durabilité :

Allègement du champ d’application de la Directive CSRD :

Le Conseil propose de réduire le périmètre d’application de la Directive CSRD, en relevant le seuil de chiffre d’affaires à 450 millions d’euros. Mécaniquement, moins d’entreprises sont concernées par l’obligation de reporting : seules les entreprises dépassant 450 millions d’euros de chiffre d’affaires net et comptant plus de 1 000 salariés seront tenues de publier un rapport de durabilité.

Précisions sur les pays tiers : pour les filiales de groupes extra-européens, le seuil de chiffre d’affaires net consolidé réalisé dans l’Union européenne est aligné sur celui des entreprises européennes, passant de 150 M€ à 450 M€ et pour les succursales de groupes étrangers, le seuil passe de 40 M€ à 50 M€.

2 – Directive CS3D sur la diligence en matière de durabilité :

Réduction du champ d’application de la Directive CS3D :

Comme pour la Directive CSRD, le Conseil de l’UE propose un champ d’application plus recentré que celui de la Commission européenne : seuils relevés à 5 000 salariés et 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires mondial pour les entreprises européennes et étrangères.

Obligation de diligence : l’analyse des risques est limitée aux partenaires directs (tier 1), sauf si des informations vérifiables indiquent des risques chez les partenaires indirects.

S’agissant des plans de transition climatique, le Conseil limite l’obligation des entreprises à l’adoption d’un plan de transition pour l’atténuation du changement climatique, qui n’est plus assortie d’une obligation de mise en œuvre comme cela est prévu dans la proposition de la Commission. Par ailleurs, leur adoption est rendue facultative pendant deux ans à compter du 26 juillet 2029.

Sanctions et régime de responsabilité civile :

La proposition de la Commission prévoit que le régime de responsabilité civile harmonisé est abandonné, mais les États restent tenus de garantir un accès effectif à la justice et une indemnisation complète, sans surcompensation. Le Conseil de l’UE n’a pas apporté de changement à cette proposition.

Transposition de la directive :

La position du Conseil de l’UE porte la date limite de transposition par les États membres au 26 juillet 2028 (au lieu du 26 juillet 2027 tel que prévu par la directive « Stop the clock »).

Prochaines étapes : adoption de la position du Parlement européen et ouverture du trilogue :

Le Conseil a adopté ce mandat de négociation. Le Parlement européen doit encore adopter sa position sur le texte de la Commission, afin de débuter le processus de négociation interinstitutionnelle (trilogue) prévue dans les mois à venir.

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AG 2025 : succession des dirigeants, entre anticipation, impréparation et prolongation des mandats

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Paris, le lundi 05 mai 2025

Comme chaque année, les nominations et renouvellements s’enchaînent au rythme des assemblées générales annuelles. Fait marquant, le 28 avril dernier, Françoise Bettencourt Meyers qui avait succédé à sa mère Liliane Bettencourt il y a près de 28 ans, vivait sa dernière assemblée générale de L’Oréal en tant qu’administratrice. L’héritière du géant mondial des cosmétiques laisse sa place à la vice-présidence du conseil à son fils ainé Jean-Victor Meyers.

Si les évolutions sont inhérentes à la vie des conseils d’administration, force est de constater qu’elles s’accélèrent ces dernières années. Dans son étude annuelle sur L’enjeu des AG 2025, l’OFG souligne que « les derniers mois ont connu de très nombreux changements dans la gouvernance des 120 premières sociétés françaises : […] 7 nouveaux Présidents, près de 15 démissions d’administrateurs indépendants depuis la dernière saison des AG ».

Ainsi, près de 30% des mandats d’administrateur du CAC 40 arrivent à échéance en 2025, un chiffre proche de celui observé dans le reste du SBF 120 (28 %). Du côté des dirigeants exécutifs, la tendance est similaire. A l’issue des assemblées générales 2024, près de douze nouveaux dirigeants ont été nommés parmi les groupes du SBF 120 : « la moitié des successions était non planifiée, contre 43% en 2023 » souligne Les Echos (Laurence Boisseau, « SBF 120 : quand les successions de PDG s’improvisent », avril 2025). Un tiers d’entre eux a été nommé par intérim, révélant une forme d’impréparation des conseils d’administration.

Cette dynamique reflète une tendance plus large d’accélération des renouvellements à la tête des entreprises, qui peuvent intervenir pour des raisons variées selon les horizons de temps. Certaines successions sont prévues, notamment en raison de l’âge de la retraite ou de l’échéance annoncée du mandat. D’autres surviennent de manière imprévue, à la suite d’une démission, d’un empêchement (comme une maladie ou une décision de justice), ou d’un décès. Enfin, certaines successions sont accélérées du fait d’une performance jugée insuffisante, d’une faute de gestion ou d’une défaillance du dirigeant en place. A cela s’ajoute une exigence croissante de diversification des compétences, notamment en matière numérique (intelligence artificielle, cybersécurité), de durabilité (pour répondre aux nouvelles exigences réglementaires), ou encore de compréhension des enjeux géopolitiques. Ces différentes situations rappellent l’importance pour les conseils d’administration de disposer de plans de succession robustes, adaptés à chaque scénario.

L’Institut Français des Administrateurs (IFA) rappelle que le passage de témoin est un mécanisme long : « soulevé trop tardivement, le sujet peut nuire gravement au développement et à la pérennité de l’entreprise avec un champ des possibles réduit face à une urgence et une complexité accrue, liées à l’inquiétude, l’ego et l’affect des différentes parties prenantes ». (Guide IFA, « Transmission d’une ETI – Enjeux et bonnes pratiques », p. 8, 2023).

Il est frappant de constater que « bien que la nomination des mandataires sociaux soit l’une des missions les plus essentielles du conseil d’administration, il n’en est rien dit dans la loi et peu dans le code Afep-Medef si ce n’est pour indiquer qu’il s’agit d’une des tâches prioritaires du comité des nominations. » (Guide IFA, « Succession du dirigeant : quel rôle pour le conseil d’administration et le comité des nominations ? », p. 1, 2017).

En matière de succession des dirigeants mandataires sociaux, la préparation et la gestion de la succession figurent parmi les responsabilités premières du conseil d’administration. Il est recommandé qu’elles soient mises en œuvre au travers d’un comité spécialisé du conseil.

Néanmoins, les entreprises tardent encore trop souvent à institutionnaliser un véritable processus. Comme le souligne L’Agefi, faute d’avoir préparé l’après, certains dirigeants jouent les prolongations et peinent à passer le relais, allant jusqu’à faire modifier les statuts en assemblée générale pour prolonger l’âge limite de leur mandat. Si l’âge de départ passe ainsi de 65 à 68 ans en moyenne, il n’est pas rare que les limites soient ainsi repoussées jusqu’à 75, 85, voire 90 ans (Bruno de Roulhac, « Plus que jamais les conseils d’administration vont devoir anticiper », avril 2025).

Ces situations exposent les organisations à plusieurs risques : vacance imprévue du pouvoir, décisions prises dans l’urgence, et instabilité préjudiciable à sa gouvernance. Elle peut également fragiliser la continuité stratégique, alimenter les tensions internes et nuire à la confiance des parties prenantes, compromettant ainsi la pérennité de l’entreprise.

La question de la succession se pose avec encore plus d’acuité dans les entreprises familiales, cotées ou non, où l’héritier naturel ne correspond pas toujours au profil requis pour faire face aux nouveaux défis. Il devient alors impératif de concilier transmission patrimoniale et logique managériale, en s’appuyant sur des instances de gouvernance solides, des dispositifs d’accompagnement et parfois l’intégration de dirigeants externes, à titre temporaire ou permanent.

La mise en place d’un processus structuré, documenté et revu régulièrement de planification des successions n’est pas un luxe mais une exigence de bonne gouvernance.

À l’heure où l’on attend des entreprises qu’elles soient durables, résilientes et agiles, la succession ne peut plus être laissée au hasard. Elle doit être anticipée et intégrée à la stratégie de long terme, en s’appuyant sur un processus clair, partagé et réévalué régulièrement.

Pour mieux accompagner vos travaux sur le sujet, l’IFA met à disposition ses guides pratiques :

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Tribune IFA : CSRD : simplifier n’est pas renoncer

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Publiée le 16 juin 2025 dans Les Echos

La directive CSRD ne fait pas consensus. C’est une évidence. Mais si l’on s’y arrête, on rate l’essentiel. L’enjeu aujourd’hui n’est pas de savoir si le dispositif plaît. Il est de savoir ce qu’on en fait. Et comment le rendre utile.

Les premiers rapports publiés en France le montrent : l’intention était louable, mais l’exécution s’est noyée dans le formalisme. Trop d’indicateurs, trop de complexité, trop d’exigences sur toute la chaîne de valeur. La CSRD agit comme un catalyseur, obligeant les entreprises à confronter leurs impacts, positifs et négatifs, risques et opportunités. Mais sa mise en œuvre interroge : guide-t-elle vraiment la transformation, ou l’encombre-t-elle ?

« Ce qui ne se mesure pas n’existe pas. » Cette formule souvent attribuée à Niels Bohr résume l’intention initiale du reporting. Mais en cherchant à tout mesurer, on a peut-être oublié l’essentiel. L’impression dominante est que le problème a été pris à l’envers. Au lieu de cibler les enjeux à plus forts impacts et les acteurs les mieux placés pour agir, on a voulu tout quantifier. Résultat : un reporting massif, appliqué à un périmètre immense.

L’enquête menée par l’IFA au printemps 2025 auprès d’administrateurs concernés par la CSRD (150 répondants au sondage mené en mai auprès d’adhérents de l’IFA) est sans appel : le rapport coût/bénéfice n’est pas démontré et l’effort mobilisé détourne des ressources précieuses au détriment des plans d’action. Le reporting devient un exercice formel, au détriment de son utilité stratégique.

Dans ce contexte, la simplification devient un enjeu central. Près des trois quarts des administrateurs ayant partagé leur retour d’expérience appellent à des mesures concrètes. Ces demandes font écho aux propositions du paquet Omnibus, actuellement en discussion à Bruxelles : recentrage du périmètre, allègement des audits, suppression des normes sectorielles, recentrage sur les chaînes de valeur de premier rang. Des pistes qui vont dans le bon sens.

Pour autant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il ne s’agit pas de renoncer, mais de recentrer. La CSRD a introduit des avancées fondamentales qu’il faut préserver. D’abord, la double matérialité, qui permet de penser à la fois l’impact du monde sur l’entreprise et celui de l’entreprise sur le monde. Ensuite, les indicateurs spécifiques à l’entreprise doivent rester possibles. Enfin, l’encadrement par la puissance publique du cadre de reporting est à saluer : mieux vaut une norme légitime que la jungle des agences privées, souvent opaques et auto-proclamées.

Ce que demandent les administrateurs, ce n’est pas moins de durabilité. C’est moins d’usine à gaz pour passer de la conformité à la stratégie. Et ils le prouvent : près des deux tiers des administrateurs adhérents de l’IFA interrogés indiquent que leurs entreprises non encore soumises à la CSRD déclarent vouloir publier volontairement un rapport de durabilité avant leur échéance. Et pour cause : les administrateurs entrevoient déjà des bénéfices potentiels comme une meilleure compréhension des impacts, une priorisation plus fine des risques et opportunités, des pistes de réflexion stratégique, une implication progressive de la direction générale.

Il est temps de consacrer non plus un « temps réglementaire », mais un temps intelligent, celui de la réflexion stratégique sur la soutenabilité. Le reporting ne doit plus être une fin en soi, mais un levier.

Le rôle de l’administrateur est clé : il doit trier l’utile du superflu, articuler régulation et pertinence, et transformer les données en décisions. L’IFA soutient pleinement les travaux de simplification en cours à Bruxelles. Le mouvement engagé avec Omnibus va dans le bon sens. Il doit aboutir vite. Gouverner la durabilité, c’est libérer l’action stratégique. Et c’est maintenant que ça se joue.

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Nouvelle publication : Fiche IFA – Retours d’expérience des administrateurs et secrétaires de conseil dans le cadre de la mise en œuvre du rapport de durabilité (CSRD)

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Paris, le jeudi 11 juin 2025

 

L’IFA publie une note d’analyse issue d’une enquête menée en mai 2025 auprès de 150 administrateurs et secrétaires de conseil dans le cadre de la mise en œuvre des rapports de durabilité.

Cette enquête met en lumière le niveau d’implication des conseils face aux exigences de la CSRD, les bénéfices identifiés, ainsi que les principales difficultés rencontrées.

Un éclairage concret sur les pratiques et les dynamiques en cours au sein des entreprises.

→ Pour télécharger la fiche

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Assemblée Générale 2025

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L’Assemblée Générale de l’IFA se tiendra le 5 juin de 8h30 à 10h et sera suivie par la J2A 2025.

Vous avez reçu, le 19 mai dernier, votre convocation aux prochaines Assemblées Générales ordinaire et extraordinaire de l’Institut Français des Administrateurs, qui se tiendront le jeudi 5 juin 2025, à partir de 8h15 à la Salle Gaveau.

Nous vous invitons dès à présent à voter en ligne sur les résolutions soumises à l’ordre du jour, parmi lesquelles : adoption du rapport d’activité et des comptes annuels 2024, nominations et renouvellements au Conseil d’administration, ainsi que la modification statutaire concernant le siège social de l’association.

Les votes sont enregistrés jusqu’au 4 juin à 18 heures et feront l’objet d’un dépouillement au cours des assemblées générales.

Dans le cas où vous n’auriez pas renouvelé votre adhésion, je vous invite à vous connecter sur votre espace adhérent ou à vous rapprocher de Maddalen Vergez : maddalen.vergez@ifa-asso.com

A noter

L’IFA ayant adopté le vote électronique , tous les adhérents à jour de leur cotisation ont reçu la convocation officielle avec l’accès à l’espace de vote et aux documents utiles afin se prononcer sur les résolutions.

L’inscription est obligatoire pour participer à l’assemblée générale en répondant au questionnaire de vote qui vous a été adressé le le 19 mai 2025.

Une confirmation d’inscription vous sera alors adressée.

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J2A – Journée des administratrices et administrateurs 5 juin 2025

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Événement incontournable de la gouvernance, cette journée rassemblera plus de 500 décideurs, experts et dirigeants pour un moment privilégié d’échanges, de réflexion et de partage autour des grands enjeux de la gouvernance d’aujourd’hui et de demain.

Dans un monde de plus en plus fragmenté, où les équilibres globaux vacillent, l’engagement des administrateurs n’est plus une option : c’est une nécessité.

Crises géopolitiques, transitions écologiques, ruptures technologiques, attentes sociétales… Les défis auxquels les conseils d’administration sont confrontés aujourd’hui sont d’une ampleur inédite. Dans ce contexte, l’engagement devient le cœur de notre responsabilité collective, la condition de notre utilité et de notre lucidité.

C’est dans cet esprit que l’IFA consacre sa prochaine Journée des administrateurs engagés, le 5 juin prochain à la Salle Gaveau, à celles et ceux qui font face, qui anticipent, qui questionnent — et qui construisent, ensemble, des trajectoires responsables dans un monde incertain.

 

Rendez-vous : jeudi 5 juin 2025

Au programme :

10h45 | Interventions inaugurales

11h20 | Plénière d’ouverture

Comment la géopolitique redessine la gouvernance d’entreprise ?

12h20 | CONFÉRENCE # 1

Durabilité : le temps des (dés)accords

13h00-14h30 | COCKTAIL DÉJEUNATOIRE

14h30 | CONFÉRENCE # 2

Corporate governance in a fragmented world (conférence en anglais)

15h30 | CONFÉRENCE #3

L’entreprise et son conseil face aux défis de l’intelligence artificielle

16h20 | MOT DE CONCLUSION

16h25 | COCKTAIL DE CONVIVIALITÉ

 

Pour en savoir plus :

👉 Je m’inscris à la J2A

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La loi n°2025-391 du 30 avril 2025, dite « DDADUE 5 », est publiée au Journal officiel du 2 mai 2025 : Ce que les administrateurs doivent retenir !

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Paris, le vendredi 02 mai 2025

 

La loi n°2025-391 du 30 avril 2025, dite « DDADUE 5 » (Dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne), publiée au Journal officiel du 2 mai 2025, comporte plusieurs dispositions majeures impactant directement les entreprises, notamment les sociétés cotées et les conseils.

 

Suite de la transposition de la directive Women on Boards (WoB) – Article 1

En application de la directive « Women on Boards » qui impose aux grandes entreprises cotées, employant plus de 250 salariés et réalisant un chiffre d’affaires de 50M€ ou disposant d’un total de bilan de 43M€, de respecter des quotas de représentation des femmes et des hommes dans leurs conseils d’administration, la loi DDADUE 5 a désigné l’Autorité des marchés financiers (AMF) comme autorité compétente destinataire des données de conformité sur la mixité au sein des conseils d’administration. Ces données devront lui être communiquées par les sociétés cotées soumises à la Directive WoB.

L’AMF sera ainsi chargée d’analyser et de surveiller le respect des obligations, en lien avec le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE). Elle publiera et tiendra régulièrement à jour la liste des sociétés cotées respectant les règles d’équilibre femmes-hommes.

Pour rappel, les entreprises doivent se conformer à l’un des objectifs suivants d’ici au 30 juin 2026 :

• Au moins 40 % des postes d’administrateurs non exécutifs occupés par des membres du sexe sous-représenté ;
• Ou au moins 33 % de l’ensemble des postes d’administrateurs (exécutifs et non exécutifs) occupés par le sexe sous-représenté.

L’ordonnance prévoit une entrée en vigueur progressive des mesures. Les sociétés relevant directement de la directive doivent être conformes au 30 juin 2026, tandis que celles hors du champ d’application de la directive bénéficieront d’un délai supplémentaire jusqu’au 1er janvier 2027 pour se conformer aux nouvelles exigences. Ce délai vise à permettre aux entreprises d’adapter leurs statuts, notamment en concertation avec la représentation des personnels.

En revanche, les sociétés dont les statuts prévoient l’élection des représentants des salariés en 2025 peuvent appliquer les nouvelles dispositions dès l’entrée en vigueur de l’ordonnance au 1er janvier 2026.

Le régime des sanctions est lui resté inchangé s’agissant de la violation du dispositif de mixité : suspension de la rémunération de l’ensemble des membres du conseil (C. com., art. L. 225-45, al. 2 et L. 225-83, al. 2) et nullité de toute désignation d’un membre du conseil n’ayant pas pour effet de remédier à l’irrégularité (C. com., art. L. 225-18-1, al. 2, L. 22-10-3, al. 2, L. 225-69-1, al. 2 et L. 22-10-21, al. 2). L’ordonnance a cependant prévu l’application d’une procédure de sélection renforcée lorsque les objectifs qualitatifs n’auront pas été fixés ou atteints.

Pour aller plus loin : Transposition de la directive WoB en France – Institut Français des Administrateurs

 

Durabilité : report partiel de l’entrée en vigueur de la Directive CSRD & transposition de la Directive « Stop the clock » – Article 7

La directive CSRD, adoptée par le Parlement européen le 14 décembre 2022 et entrée en vigueur depuis le 5 janvier 2023, prévoit que les entreprises seront progressivement tenues de publier des informations détaillées en matière de durabilité à partir de 2024.

Dans le cadre du paquet de simplification européenne annoncé et dévoilé le 26 février dernier par la Commission européenne, les colégislateurs européens ont adopté le premier paquet Omnibus « Stop the clock » visant à reporter l’entrée en vigueur de ces obligations. Les États membres ont jusqu’au 31 décembre 2025 pour transposer cette directive.

A cet effet, l’article 7 de la loi DDADUE vient modifier l’article 33 de l’ordonnance 2023-1142 afin de reporter de deux ans l’entrée en application de la Directive « CSRD » pour les entreprises des vagues 2 (grandes entreprises non cotées) et 3 (PME cotées). A noter que les sociétés de la vague 1 (grandes entreprises déjà assujetties à la NFRD et tenues de publier leur rapport de durabilité en 2025) et de la vague 4 (entreprises ou groupes d’entreprises issues de pays hors de l’UE) ne sont pas concernées par ce report.

Toutefois, cette loi introduit plusieurs dispositions visant à permettre (i) aux entreprises de la vague 1 tenues de publier les informations de durabilité afférente aux trois premiers exercices :

• D’omettre certaines informations mentionnées à l’appendice C de l’ESRS 1 annexé au règlement délégué (UE) 2023/2772 et ;
• D’omettre, après avis dûment motivé du directoire ou du gérant, certaines informations de nature à nuire gravement à la position commerciale de la société du rapport déposé au greffe du tribunal de commerce (Secret des affaires).

A cette occasion, la Directive « Stop the clock » est transposée dans le droit français.

Par ailleurs, le texte apporte un certain nombre de mesures rectificatives, notamment à l’ordonnance de transposition de la directive CSRD, relatives à (i) la consultation du comité social et économique relative aux informations en matière de durabilité (ii) aux commissaires aux comptes et auditeurs de durabilité, (iii) au régime de sanctions encourues par le chef d’entreprise en cas d’absence de désignation ou d’entrave à l’exercice de vérification des CAC ou auditeurs de durabilité.

Il convient également de souligner que l’exigence de compétence – en matière financière, comptable ou de contrôle légal des comptes – imposée à un membre au moins du comité spécialisé (autre que le comité d’audit) et qui constituait une surtransposition de la directive, a été supprimée (article L. 821-67 III du code de commerce).

Enfin, la loi étend aux émetteurs cotés sur un système multilatéral de négociation (SMN) la publicité relative au rapport sur le gouvernement d’entreprise que l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) pourrait exiger.

 

Directive CRD VI : habilitation du gouvernement à prendre par voie d’ordonnance les mesures pour transposer la directive 2024/1619 – Article 2

Le gouvernement est habilité à transposer par voie d’ordonnance la directive 2024/1619 modifiant  la directive 2013/36/UE concernant les pouvoirs de surveillance, les sanctions, les succursales de pays tiers et les risques ESG. Cette directive devra être transposée par les États membres au plus tard le 10 janvier 2026.

Cette directive contient un certain nombre de règles concernant les instruments de surveillance et inscrit dans la législation européenne l’intégration des risques ESG dans la gouvernance et la gestion des risques des banques.


La loi DDADUE 5 s’inscrit dans la continuité des efforts d’harmonisation du droit français avec le droit de l’Union européenne, tout en introduisant des mesures concrètes ayant un impact direct sur les entreprises.

Pour les administrateurs de sociétés, elle apporte des clarifications bienvenues, en particulier en matière de reporting de durabilité, en cours d’évolution au niveau européen. Ces précisions concernent à la fois le calendrier de mise en œuvre et les modalités de simplification du reporting de durabilité, un enjeu crucial dans le contexte de recherche de compétitivité des entreprises européennes.

Les conseils devront être attentifs à la bonne mise en œuvre des nouvelles obligations relatives à la directive WoB.

>> Lien vers la LOI n° 2025-391 du 30 avril 2025 dite loi DDADUE

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Tribune IFA : Briser le plafond de verre : quels leviers pour plus de femmes aux postes clés ?

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Publiée le 08 mars 2025 dans Les Echos

Par Guylaine Dyèvre Huillard, Vice-présidente de l’IFA

La France est pionnière en matière de mixité dans les conseils d’administration. Mais au sommet des entreprises, les hommes tiennent à ce stade encore fermement les rênes.

Grâce à la loi Copé-Zimmermann, la mixité des instances dirigeantes est devenue une réalité tangible. Les conseils d’administration des entreprises du SBF 120 comptent 46,7 % de femmes (47,7 % pour le CAC 40), un niveau inédit en Europe. Avec la loi Rixain, cette dynamique s’étend désormais aux comités exécutifs et de direction, où la part des femmes atteint 27,6 % dans le SBF 120 (28,2 % dans le CAC 40). Ces avancées sont réelles, mais un plafond de verre persiste aux tous premiers rôles : à peine 13 % de Présidentes et Directrices Générales dans le SBF 120 (10 % dans le CAC 40). La France n’est pas en retard sur le plan international, mais la marge de progression reste immense.

Les quotas ont contribué à renforcer la mixité au sein des grandes sociétés cotées, mais des freins structurels persistent et continuent de limiter l’accès des femmes aux plus hautes fonctions. Pour y remédier, il est essentiel d’agir à tous les phases du parcours professionnel, dès la formation initiale et tout au long de la carrière. Dans cette dynamique, les conseils d’administration ont un rôle clé à jouer en exerçant leur devoir de diligence pour s’assurer que la promotion des talents féminins est pleinement intégrée dans la stratégie et la gouvernance de l’entreprise.

Trois leviers pour ouvrir l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités

Si les femmes sont encore trop peu nombreuses aux postes les plus élevés, ce n’est ni un manque de compétences ni un manque d’ambition. Ce sont les mécanismes d’ascension qui restent inadaptés. Pour faire émerger davantage de dirigeantes, trois leviers sont à activer :

  • Encourager les jeunes filles à explorer les filières scientifiques et techniques et/ou reconnaître que ces filières ne sont pas des passages obligatoires pour accéder aux postes clefs. Les grandes entreprises industrielles recherchent souvent des profils issus de ces formations pour leurs directions opérationnelles. Or, ces parcours restent largement masculins. Il est essentiel d’inciter davantage de jeunes filles à s’y engager pour leur ouvrir l’accès aux postes clés. Au-delà, il est aussi sûrement possible de trouver de futurs leaders dans des filières faisant appel à différents types d’expertise, afin notamment d’assurer une plus grande diversité des talents.
  • Intégrer systématiquement les femmes dans les plans de succession. Les nominations aux postes de direction se préparent des années en amont. Éviter des shortlists majoritairement masculines et identifier dès le départ une proportion suffisante de talents féminins est indispensable. Cela suppose un suivi actif des parcours, avec des opportunités de progression équitables.
  • Bâtir et accompagner les viviers de talents féminins. Il ne suffit pas d’identifier des profils prometteurs : encore faut-il les accompagner de manière proactive, favoriser le développement personnel avec notamment de la formation, voire du mentorat. En assurant aux femmes les mêmes opportunités de progression que leurs homologues masculins, la gouvernance devient plus diverse et plus robuste.
Favoriser la mixité : le devoir de diligence des administrateurs

L’objectif de 30 % de femmes dans les comités exécutifs et de direction en 2026 sera vraisemblablement atteint, mais l’effort ne doit pas s’arrêter là. Atteindre 40 % d’ici 2029 nécessitera une mobilisation soutenue, et cette responsabilité incombe à toutes les instances de gouvernance : en premier lieu les directions générales et opérationnelles mais également aux conseils d’administration.

Dans le cadre de leur devoir de diligence, les administrateurs doivent veiller à ce que la direction générale prenne des mesures concrètes et efficaces. Questionner, challenger et accompagner la mise en œuvre des engagements en matière de mixité fait partie intégrante de leur rôle, afin d’assurer que ces objectifs se traduisent en résultats tangibles.

Les entreprises doivent fixer des objectifs clairs et mesurables pour les postes exécutifs, suivre les progrès en ajustant leurs stratégies et transformer durablement les mentalités grâce à la sensibilisation et à la formation.

La mixité n’est pas seulement un enjeu de conformité, c’est un levier de performance et de compétitivité. Il est temps de dépasser la seule logique des quotas pour inscrire cette transformation dans la durée. Et cette dynamique ne doit pas se limiter aux grandes entreprises : PME et ETI doivent aussi être pleinement impliquées pour garantir une évolution homogène et pérenne.

La féminisation des instances dirigeantes : une valeur désormais européenne

La France n’est plus seule dans cet élan. Avec la directive Women on Boards de 2022, l’Europe impose d’ici 2026 des quotas de mixité dans les conseils d’administration ou de surveillance des grandes entreprises cotées, ancrant ainsi l’égalité comme une norme durable.

Mais ailleurs, ces avancées sont parfois remises en cause. L’Europe doit affirmer que diversité et égalité ne sont pas des contraintes, mais des atouts stratégiques pour des entreprises plus performantes et résilientes. Au-delà des quotas, une réflexion s’impose sur le modèle de leadership que la France et l’Europe veulent encourager.

Ce modèle impact bien sûr sur le modèle de société.

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L’IFA publie la 3e édition du Baromètre de la mixité des instances dirigeantes

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Paris, le jeudi 06 décembre 2025

L’Institut Français des Administrateurs (IFA), en partenariat avec Ethics & Boards, dévoile la troisième édition du Baromètre IFA-E&B de la mixité des instances dirigeantes.

Ce baromètre offre un éclairage sur les avancées et les défis en matière de mixité au sein des organes de gouvernance des entreprises, en France et à l’international. Depuis trois ans, il suit l’évolution de la féminisation des conseils d’administration des entreprises du CAC 40 et du SBF 120.

Découvrez sans plus attendre le baromètre :

>> Télécharger le baromètre

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Tribune IFA : Les conseils d’administration garants d’une IA responsable ou témoins impuissants de ses dérives

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Publiée le 03 mars 2025 dans La Tribune

OPINION. L’intelligence artificielle (IA) ne se limite plus à un simple domaine technologique, mais devient un enjeu stratégique mondial. Elle redéfinit les rapports de force économiques, transforme le travail et soulève des questions éthiques et environnementales cruciales. Par Denis Terrien 1 et Laurent Degabriel 2, respectivement Président et Directeur général de l’Institut des Administrateurs (l’IFA)

Denis Terrien et Laurent Degabriel

L’intelligence artificielle (IA) redessine les rapports de force entre grandes puissances économiques mondiales, transforme en profondeur le travail et soulève des défis éthiques et environnementaux inédits. Ce n’est plus un simple sujet technologique, mais un enjeu stratégique de premier ordre, exigeant une réponse forte et éclairée des conseils d’administration.

Cette prise de conscience a été confirmée lors du Sommet de Paris sur l’IA. À cette occasion, 61 pays, dont la France, la Chine et l’Inde, ont signé une déclaration commune en faveur d’une IA « ouverte », « inclusive » et « éthique ». Parallèlement, une coalition pour une IA durable a été lancée, regroupant 91 partenaires, dont 37 entreprises technologiques et plusieurs organisations internationales. Ce sommet a acté un fait essentiel : l’IA ne peut plus rester l’apanage des seuls ingénieurs et régulateurs.

Les entreprises sont des acteurs majeurs de cette transition, et leurs conseils d’administration, en première ligne, ont la responsabilité de superviser l’intégration stratégique et responsable de l’IA. Conscient des défis que l’IA impose aux conseils d’administration, l’IFA a à cœur d’accompagner les administrateurs dans cette révolution inédite.

Un bouleversement stratégique et concurrentiel

L’IA n’est plus une simple innovation technologique ; elle redéfinit les équilibres mondiaux. Tandis que l’Europe encadre son développement avec l’AI Act, les États-Unis et la Chine misent sur des approches plus souples, accélérant l’essor de leurs champions nationaux. Cette divergence réglementaire complique la tâche des entreprises européennes, qui doivent conjuguer compétitivité et conformité.

Or, l’absence de formation des administrateurs sur l’IA constitue un risque majeur. Sans maîtrise de ces enjeux, comment prendre des décisions éclairées ? Il est urgent d’intégrer des compétences en IA au sein des conseils d’administration, en désignant un administrateur référent ou en créant un comité spécialisé. À défaut, les entreprises risquent de piloter à l’aveugle.

L’éthique et la responsabilité au cœur des décisions

Si l’IA offre de vastes opportunités, elle soulève aussi des défis éthiques majeurs : biais algorithmiques, opacité des modèles et responsabilité des décisions automatisées. Qui répondra d’une erreur commise par une IA ? Comment garantir un usage équitable et impartial des données ?

Les conseils d’administration doivent impérativement instaurer des audits réguliers des algorithmes, veiller à la protection des données personnelles et anticiper les risques de dérives. La transparence devient un enjeu incontournable : les mécanismes de décision doivent rester compréhensibles et justifiables pour maintenir la confiance des parties prenantes et éviter des crises qui pourraient fragiliser leur réputation.

L’IA et son empreinte environnementale

L’explosion de l’IA générative s’accompagne d’un coût écologique exponentiel. La consommation énergétique des centres de données croît à un rythme alarmant, et l’extraction des matières premières nécessaires aux infrastructures numériques aggrave la pression sur les ressources naturelles.

Les conseils d’administration ne peuvent ignorer cet enjeu. Ils doivent exiger une évaluation précise de l’empreinte écologique des technologies employées et encourager l’adoption de modèles d’IA plus frugaux. Une transformation numérique durable est non seulement souhaitable, mais indispensable.

Un changement sociétal inédit

Enfin, l’IA bouleverse le travail et la répartition de la valeur. Si la révolution industrielle a mécanisé les tâches physiques, l’IA automatise les fonctions cognitives. Comment s’assurer que la richesse créée par l’IA ne creuse pas davantage les inégalités ?

Les conseils d’administration doivent anticiper ces mutations et les accompagner. Ce n’est pas un sujet secondaire : une transition injuste risquerait d’aggraver les fractures économiques et sociales, mettant en péril la cohésion de nos sociétés.

Le contrôle des infrastructures et des algorithmes façonne désormais les équilibres géopolitiques et menace la souveraineté numérique. L’Europe doit défendre un modèle d’IA éthique et respectueux des libertés fondamentales. Mais cet engagement ne peut reposer uniquement sur les États. Les entreprises et leurs conseils d’administration ont leur rôle à jouer. Ceux qui saurons faire preuve de discernement face aux défis de l’IA façonneront l’avenir.  Les conseils en première ligne seront garants d’une IA responsable ou témoins impuissants de ses dérives !

  1. Denis Terrien est Président de l’Institut Français des Administrateurs (IFA) depuis mai 2019. Entrepreneur, dirigeant et administrateur, Denis Terrien est membre de conseils d’administration depuis plus d’une vingtaine d’années. Il est actuellement membre de conseil du Groupe Colisée (Président du Conseil de Surveillance), de Ciel Textile (Président du comité de nomination), de Concilio et de Changer par le don. Il a été précédemment Président du Groupe Vivarte, de oNotes, de Grandir et du Groupe 3SI.
    Il a dirigé des sociétés dans le domaine du digital, de la distribution, de service, et de biens de consommations pour des groupes multinationaux à capital privé ou familial ainsi que pour des sociétés cotées en bourse. Denis Terrien a commencé sa carrière chez McKinsey à Londres. Il a ensuite fondé amazon.fr. Président de Sanford Europe de 2001 à 2007, dont il a dirigé l’expansion en EMEA et en Inde.

    Denis Terrien est diplômé de Harvard Business School (MBA), de l’Université d’Oxford (Master of Science) et de l’Enseeiht (Ingénieur en mathématiques). ↩︎
  2. Laurent Degabriel est Directeur Général de l’Institut Français des Administrateurs
    Passionné par les enjeux de gouvernance, Laurent Degabriel, 60 ans, est administrateur indépendant depuis de nombreuses années et certifié du certificat administrateur de sociétés IFA – Sciences Po. Laurent Degabriel possède une riche expérience au sein de banques internationales, d’institutions européennes et de cabinets de conseil aussi bien en France, qu’à l’international (Bruxelles, Londres, Hong Kong). Depuis 2024, Il est Directeur Général de l’Institut Français des Administrateurs Il est diplômé de Sciences Po Paris et de l’Université Paris-Dauphine et a obtenu un MBA de la London Business School. ↩︎

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Directive Omnibus : la Commission Européenne dévoile sa révision des réglementations du Pacte Vert

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Mercredi 26 février, la Commission Européenne a présenté sa Directive Omnibus, une initiative visant à amender et harmoniser les textes législatifs du Pacte vert pour l’Europe : cette directive apporte un ensemble d’ajustements significatifs à la Directive sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD), au Règlement sur la taxonomie verte et à la Directive sur le devoir de vigilance des entreprises (CS3D).

En révisant ces textes, la Commission cherche à renforcer la compétitivité de l’Europe et la cohérence des obligations intra-européennes.

Principales modifications en matière de CSRD :

  • La Directive sur le reporting de durabilité des entreprises voit son périmètre aligné sur celui de la Directive sur le devoir de vigilance des entreprises, avec une réduction significative du nombre d’entreprises concernées. Désormais, seules celles comptant plus de 1 000 salariés (contre 250 auparavant) et détenant un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros, ou un bilan de 25 millions d’euros, seront soumises à ces obligations.
  • Le volume des données à rapporter dans le respect des normes européennes de reporting de durabilité (ESRS) est considérablement réduit, notamment les indicateurs narratifs et semi-narratifs.
  • L’entrée en vigueur de ces obligations est retardée de deux ans, reportant ainsi leur application à 2028 pour les entreprises initialement concernées dès 2026 ou 2027.

Principales modifications en matière de taxonomie verte :

  • Les seuils d’application de la taxonomie seront alignés avec les nouveaux seuils de la CSRD, et concernent désormais les entreprises de plus de 1 000 salariés.
  • Les autres entreprises exerçant des activités totalement ou partiellement alignées sur la taxonomie verte auront la liberté de choisir de le déclarer ou non.
  • Les évolutions relatives à la taxonomie verte sont soumises à la consultation du public jusqu’au 26 mars et s’appliqueront à la fin de la période d’examen par le Parlement Européen et le Conseil Européen.

Principales modifications en matière de CS3D :

  • La Directive Omnibus annonce le report de l’obligation du devoir de vigilance pour les multinationales, qui étaient initialement tenues de surveiller chaque année les risques liés aux droits humains et environnementaux sur l’ensemble de leur chaîne de production. Désormais, une révision des plans de vigilance sera conduite tous les 5 ans pour s’assurer du respect de ces exigences.
  • Les obligations de vigilance se concentreront désormais sur les fournisseurs directs (de rang 1), et non sur l’ensemble de la chaîne de valeur des entreprises.
  • La responsabilité civile européenne des entreprises en cas de manquement aux obligations du devoir de vigilance est supprimée, et les sanctions financières associées sont allégées.
  • L’entrée en vigueur de ces obligations est également retardée d’un an, jusqu’au 26 juillet 2028, tandis que l’adoption des lignes directrices est avancée à juillet 2026.

Prochaines étapes

Les propositions législatives de la Directive Omnibus vont désormais être soumises au Parlement Européen et au Conseil Européen pour examen et validation. Les ajustements relatifs à la CSRD et à la CS3D entreront en vigueur une fois qu’un accord aura été trouvé entre les colégislateurs et après leur publication au Journal officiel de l’Union Européenne.

>> Consulter le texte de la directive 

>> Consulter le communiqué de presse

>> Consulter la page de questions et réponses 

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