6. Question clé : Quelles sont les qualités attendues d’un administrateur ?

Lien : quelles sont les qualités attendues d’un administrateur ?

Si la fonction d’administrateur bénéficie d’un grand prestige, la charge est devenue de plus en plus exigeante et peut l’exposer juridiquement et médiatement.

Les administrateurs font l’objet d’une attention renforcée de la part des actionnaires et des parties prenantes internes et externes (salariés, clients, fournisseurs, créanciers, administrations publiques, autorités de marché, ONG, médias…).

Accepter un poste d’administrateur, c’est prendre l’engagement d’œuvre au service de l’intérêt social de l’entreprise, en y consacrant tout le temps nécessaire. Plus les activités de l’entreprise sont complexes, plus son système de gouvernance est perfectible, plus la mobilisation personnelle doit être grande et le temps consacré important. C’est seulement après avoir pesé l’ensemble de ces considérations que l’administrateur pourra accepter ou refuser un mandat en pleine conscience.

Avant d’accepter un mandat, il convient donc de mesurer avec soin les risques et les opportunités qu’il représente, ainsi que la capacité réelle à contribuer au conseil d’administration de l’entreprise.

Il est essentiel qu’un administrateur dispose non seulement de l’aptitude, mais aussi de la volonté de s’impliquer pleinement dans son mandat et qu’il mesure les risques potentiels de cette responsabilité (spécialement lorsqu’il s’agit d’une société cotée). Il doit aussi s’assurer que la société elle-même et le conseil lui permettront d’assumer ses fonctions.

Professionnalisme, loyauté et indépendance permettent à l’administrateur d’exercer ses fonctions. Il appartient à tout candidat administrateur d’apprécier avec lucidité s’il possède les qualités fondamentales nécessaires à l’exercice de son mandat :

  • le courage : l’administrateur doit être capable de défendre ses positions avec courage et détermination. Animé par la volonté de faire prévaloir l’intérêt de la société et de l’ensemble de ses actionnaires, il ne doit pas hésiter à manifester son indépendance d’esprit et à exprimer ses désaccords avec l’équipe dirigeante ou avec ses pairs ;
  • l’indépendance d’esprit : l’administrateur est garant de l’intérêt social de l’entreprise. Même s’il a été présenté ou représente un actionnaire ou un groupe d’actionnaires disposant ou non du contrôle, il doit agir dans l’intérêt social, en prenant en considération l’ensemble des enjeux, en particulier sociaux et environnementaux, et d’une manière générale l’intérêt à long terme de l’entreprise. Il doit donc développer ses propres convictions et les soutenir avec force devant le conseil et le management ;
  • la qualité de jugement et l’adaptabilité : il est indispensable d’être capable d’appréhender rapidement les spécificités opérationnelles, stratégiques et financières de l’entreprise et de son secteur d’activité. Cet exercice peut requérir un investissement personnel important afin de dépasser les logiques ou raisonnements économiques auxquels l’administrateur est familier et qu’il pourrait être tenté de transposer à la situation de l’entreprise. Une bonne capacité d’analyse, une ouverture d’esprit et une curiosité sont également des qualités essentielles ;
  • l’éthique : l’administrateur doit vérifier que ses valeurs personnelles sont en adéquation avec les règles d’éthique que l’entreprise s’est fixées ou qui, plus généralement, sont attendues de la part d’un responsable d’entreprise ;
  • le sens des affaires : l’administrateur doit en particulier contribuer au succès financier et à la pérennité de l’entreprise. Son rôle est certes de contrôler l’action de la direction générale et de mesurer les risques, mais il est aussi de l’aider à identifier et à valider les opportunités pour l’entreprise ;
  •  la capacité à travailler en équipe : la richesse et la fiabilité des délibérations du conseil résident dans la qualité du débat. Un bon administrateur doit être un bon communicant et s’efforcer de faire partager ses convictions. Mais il doit également avoir une réelle capacité d’écoute et d’empathie afin de s’enrichir des points de vue différents du sien. Enfin, il doit être solidaire des décisions prises collégialement par le conseil ;
  • des compétences généralistes : les dossiers abordés par un conseil d’administration sont souvent complexes, et les compétences nécessaires pour les traiter ou même simplement les appréhender ne doivent pas être sous-estimées. L’administrateur doit mettre ses connaissances constamment à jour et se former afin d’être en mesure d’intervenir utilement dans les débats du conseil. S’il ne s’agit pas de devenir un expert dans tous les domaines, il faut néanmoins acquérir une culture générale managériale suffisante pour poser au minimum les bonnes questions et voter en toute connaissance de cause.

Pour aller plus loin :